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Le président des États-Unis s'est rendu à Charm el-Cheikh, en Égypte, vendredi, pour tenir un discours à la COP27. Sa position à l'égard de l'aide aux pays pauvres était particulièrement attendue. Joe Biden a mis en garde contre une crise climatique qui menace "la vie même de la planète", et a assuré que son pays respectera ses objectifs de réduction d'émissions d'ici à 2030.

Le président américain, Joe Biden, a fait une brève escale à la COP27, vendredi 11 novembre, pour donner en exemple son plan colossal pour l'action climatique aux États-Unis. Mais il est sous pression pour augmenter l'aide aux pays pauvres, en première ligne du dérèglement climatique.

La crise climatique menace "la vie même de la planète", a-t-il mis en garde, assurant que les États-Unis allaient respecter leurs objectifs de réduction d'émissions d'ici à 2030.

"La crise climatique concerne la sécurité des êtres humains, la sécurité économique, la sécurité nationale et la vie même de la planète", a-t-il déclaré dans un discours au sommet annuel de l'ONU sur le climat, à Charm el-Cheikh en Égypte.

Conforté par les élections de mi-mandat – la vague républicaine annoncée ne s'est finalement pas produite – Joe Biden entendait faire valoir les 370 milliards de dollars de son plan d'investissement consacré au climat, le plus gros chèque pour l'environnement jamais signé aux États-Unis. Et appeler les autres pays à faire eux aussi le maximum pour lutter contre le réchauffement climatique.

Tomorrow, I'll join other global leaders at the COP27 in Egypt.

We're living in a decisive decade – one in which we have an opportunity to prove ourselves and advance the global climate fight. Let this be a moment where we answer history’s call. Together.

— President Biden (@POTUS) November 11, 2022

"Nous vivons une décennie décisive. (...) Que ce moment soit celui où nous répondons à l'appel de l'Histoire. Ensemble", a tweeté le président quelques heures avant son arrivée à Charm el-Cheikh, en Égypte, où se déroule le sommet mondial annuel pour le climat.

Le temps presse en effet : les émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d'énergies fossiles, dont les États-Unis sont le premier producteur et consommateur mondial, vont à nouveau atteindre des records en 2022, selon un rapport de référence publié vendredi.

"Les États-Unis doivent être un leader climatique"

Le président américain était aussi très attendu sur la solidarité financière avec les pays les plus affectés par le changement climatique : Washington n'a pas encore tenu ses engagements dans le cadre de la promesse des pays riches de fournir un financement annuel de 100 milliards de dollars aux plus pauvres, pour lutter contre les émissions et s'adapter au changement climatique.

"Les États-Unis doivent être un leader climatique. (...) Le message au président Biden est de se tenir au côté des peuples de la planète et des générations futures", a dit à l'AFP à Charm el-Cheikh la militante ougandaise Vanessa Nakate, figure du combat des jeunes pour le climat.

Le président Biden s'est engagé à apporter une contribution de 11,4 milliards, qu'une future majorité républicaine pourrait toutefois bloquer. Dans le passé, les républicains "n'ont pas vraiment été des partenaires pour s'attaquer à la crise climatique", a dit à l'AFP Kathy Castor, présidente démocrate de la commission spéciale de la Chambre sur la crise climatique.  

Dans un contexte de multiplication des catastrophes climatiques – sécheresses affectant les récoltes, canicules, méga-feux, inondations – les pays les plus touchés réclament désormais des fonds pour les "pertes et dommages" subis.

Vives tensions entre Pékin et Washington

L'émissaire spécial américain pour le climat, John Kerry, a voulu enjamber la question en assurant mercredi à la COP qu'"aucun gouvernement au monde n'a l'argent" pour mettre sur la table les "milliards" nécessaires, et qu'il faudrait donc trouver des moyens d'enrôler le secteur privé.

Selon le conseiller pour la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, Joe Biden va "souligner la nécessité d'aller plus loin, plus vite, pour aider les communautés les plus vulnérables à renforcer leur résilience" et encourager les principales économies mondiales à "radicalement" baisser les émissions.

Sur ce dernier point, ce sont les vives tensions entre la Chine et les États-Unis qui inquiètent. La coopération entre les deux plus importants émetteurs de gaz à effet de serre mondiaux est jugée primordiale – le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, les avait appelés lundi, en ouverture de la COP, à assumer leur "responsabilité particulière".

Le président chinois Xi Jinping n'a pas fait le voyage à Charm el-Cheikh, mais les deux hommes se rencontreront lundi à Bali, en Indonésie, en marge du sommet du G20. Ils devraient notamment aborder le "travail commun" sur le changement climatique, selon un haut responsable de l'administration américaine.

Avant de s'adresser à la COP, en fin d'après-midi, le président Biden aura un entretien avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Selon la Maison Blanche, il évoquera notamment la question des droits de l'Homme et le sort d'Alaa Abdel Fattah, blogueur prodémocratie emprisonné et en danger de mort après sept mois de grève de la faim.

Avec AFP