
Le procès du général Reynaldo Bignone, à la tête de la dictature entre 1982 et 1983, a débuté lundi. Bignone, qui a 81 ans aujourd’hui, est poursuivi pour des crimes commis au Campo de Mayo, un camp de torture et de détention arbitraire.
Le procès du dernier dictateur de l'Argentine, Reynaldo Bignone, 81 ans, et de cinq anciens généraux s'est ouvert lundi. Bignone est jugé pour des crimes commis dans le camp militaire de Campo de Mayo, où près de 5 000 personnes auraient trouvé la mort sous la junte. Il devra notamment répondre des chefs d'accusation de meurtres et enlèvements. Les faits remontent à 1976, avant qu'il ne devienne président de facto désigné par la junte militaire entre 1982 et 1983. Ce procès a été rendu possible car les tribunaux et le congrès argentins ont annulé l'amnistie le concernant.
"Un procès historique"
Le tribunal a été déplacé dans un stade couvert afin d'accueillir toutes les familles des victimes. La co-fondatrice des Mères de la place de Mai, Taty Almeida, fait partie du public. Les accusés "ont l'air de vieillards mais ils ont commis un génocide", dénonce-t-elle.
"C'est un procès historique dans le processus de recherche de la vérité pour tous ceux qui ont disparu", affirme à l'agence Reuters, Alcira Rios, un avocat d'une famille de victime.
Un rapport officiel rapporte que 13 000 personnes ont été tuées entre 1976 et 1983, mais des ONG avancent le chiffre de 30 000.
Le procès devrait durer jusqu'en février. Les accusés risquent la prison à vie.