Les Éthiopiens votent, lundi, lors d’élections législatives et régionales très attendues alors que le pays, le deuxième plus peuplé d’Afrique, est secoué par les violences. Dans certaines régions, des partis d’opposition ont appelé au boycott du scrutin.
Les bureaux de vote ont ouvert, lundi 21 juin à 6 h (3 h GMT), en Éthiopie où les électeurs sont appelés aux urnes pour les régionales et législatives. Il s’agit du premier test électoral pour le Premier ministre Abiy Ahmed qui avait promis à son arrivée au pouvoir, en 2018, d’incarner un renouveau démocratique dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, rompant ainsi avec ses prédécesseurs.
Abiy Ahmed a mis en œuvre d’importantes réformes politiques et économiques. Mais certains activistes estiment qu’une marche arrière est effectuée en matière de droits civiques et dénoncent des abus dans le conflit mené dans la région du Tigré, des accusations que le gouvernement rejette.
La semaine dernière, le Premier ministre a décrit le scrutin comme "la première tentative d’élections libres et équitables" en Éthiopie, dont l’économie jadis prospère a été lourdement affectée par les violences dans le pays et la crise sanitaire du Covid-19.
"Oui l’Éthiopie va gagner ! Bonne chance à tous !", a posté sur Twitter le jeune dirigeant après une rencontre ce week-end avec des partis d’opposition à Addis Abeba.
ዛሬ ምሽት ሁሉንም የፖለቲካ ፓርቲዎች በማሰባሰብ የመልካም ምኞት መግለጫ ሥነ ሥርዓት ያዘጋጀውን "ማይንድ ኢትዮጵያ" እናመሰግናለን፡፡ በእርግጥም ኢትዮጵያ ታሸንፋለች! 1/3 pic.twitter.com/x2wHumIncY
— Abiy Ahmed Ali ???????? (@AbiyAhmedAli) June 19, 2021Au cours du week-end, la sécurité a été renforcée à Addis Abeba, et des soldats ont été déployés "à tous les coins du pays", a affirmé le bureau du Premier ministre.
Des difficultés logistiques
Dimanche, des bureaux de vote étaient déjà érigés dans plusieurs zones d’Addis Abeba, mais les préparatifs étaient plus tardifs ailleurs dans le pays.
À Bahir Dar, capitale de la région Amhara, la deuxième plus peuplée du pays, certains bureaux de vote n’avaient pas reçu dans la journée de dimanche leur matériel. Évoquant les difficultés logistiques, des observateurs ont souligné que l’armée représente en temps normal un important soutien. Mais celle-ci est aujourd’hui largement déployée au Tigré, réduisant les capacités des organisateurs.
Les responsables des élections affirment cependant être prêts pour le vote, qui mobilise 40 partis et 9 500 candidats.
Le Parti de la Prospérité, le mouvement du Premier ministre, qui compte le plus grand nombre de candidats pour le Parlement fédéral, est le grand favori pour remporter une majorité et former un gouvernement.
L'opposition appelle au boycott du scrutin
Dans certaines régions, comme en Oromiya, la province la plus peuplée du pays, des partis d’opposition ont appelé au boycott du scrutin, dénonçant des manœuvres présumées d’intimidation de la part des forces de sécurité.
Par ailleurs, du fait de problèmes d’inscriptions sur les listes électorales et des violences ethniques, les élections ont été reportées dans un cinquième des 547 circonscriptions du pays. Dans 64 d’entre elles, le vote a été reporté au 6 septembre.
Quant aux 38 circonscriptions du Tigré, où la guerre fait rage depuis plus de sept mois, aucune date de scrutin n’y a été fixée.
Ces élections pourraient avoir un impact au-delà des frontières éthiopiennes, alors que le pays revêt un important poids diplomatique dans la région, volatile, fournissant des soldats de maintien de la paix en Somalie, au Soudan et au Sud Soudan.
Avec AFP et Reuters