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Bolivie : l’ex-présidente Jeanine Añez transférée de la prison vers un hôpital

L'ancienne présidente par intérim de Bolivie, Jeanine Añez, accusée d'avoir mené un coup d'État contre son prédécesseur, a été autorisée, vendredi, à une "sortie judiciaire" pour raisons de santé, alors qu’elle purge une peine préventive de quatre mois dans une prison pour femmes.

La justice bolivienne a autorisé, vendredi 19 mars, le transfert vers un hôpital de l'ex-présidente intérimaire de Bolivie, Jeanine Añez, en détention préventive dans le cadre d'une enquête pour un présumé coup d'État contre son prédécesseur Evo Morales.

Trois juges d'un tribunal de La Paz ont accepté la "sortie judiciaire" de l'ancienne cheffe de l'État et son transfert à l'hôpital pour "des examens médicaux par des spécialistes en cardiologie et des analyses afin de protéger sa vie et sa santé".

Mercredi, Jeanine Añez, détenue pour quatre mois dans une prison pour femmes de la capitale, avait été placée sous assistance respiratoire après avoir souffert d'une décompensation, selon son avocate.

L'ancienne vice-présidente conservatrice avait été arrêtée le 14 mars, tout comme deux de ses ex-ministres, dans le cadre d'un mandat d'arrêt consécutif à une plainte pour "sédition", "terrorisme" et "conspiration" déposée par une ancienne députée du MAS, le parti de son prédécesseur socialiste, Evo Morales.

En novembre 2019, deux jours après la démission d'Evo Morales, alors qu'elle était deuxième vice-présidente conservatrice du Sénat, Jeanine Añez avait prêté serment comme présidente par intérim à la faveur d'une vacance de pouvoir provoquée par les démissions en chaîne d'Evo Morales et de ses successeurs constitutionnels.

Evo Morales avait été poussé à la démission par un soulèvement, après avoir été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle où il briguait un quatrième mandat, mais accusé de fraude par l'opposition.

Après une campagne de manifestations pendant laquelle au moins 35 personnes avaient été tuées, Evo Morales, lâché par la police et par l'armée, avait démissionné et s'était réfugié au Mexique puis en Argentine.

L'ancien chef de l'État est rentré en Bolivie après l'élection à la présidence de son dauphin, le socialiste Luis Arce, en octobre 2020.

Lors de son arrestation, Jeanine Añez avait dénoncé une "persécution politique".

Avec AFP