
À la une de la presse, ce mercredi 4 novembre, l’élection présidentielle américaine, dont les premiers résultats donnent le républicain Donald Trump au coude-à-coude avec le démocrate. Une situation qui nourrit les inquiétudes sur de possibles violences entre les deux camps.
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Cette journée d’élection américaine fait bien sûr la Une de la presse aux États-Unis et ailleurs dans le monde.
Alors que Donald Trump a déjà revendiqué avoir "gagné" l’élection, malgré le décompte en cours, les premiers résultats, serrés, font désormais redouter un scénario semblable à celui de 2000, quand l’élection opposant George Bush Junior à Al Gore s’était soldée par un fiasco total, obligeant la Cour suprême, que Donald Trump dit vouloir saisir, à trancher et à désigner le vainqueur, après un mois de contestations. Cette fois, l’affaire ira peut-être un peu plus vite – ou pas. Mais oui, "ça va prendre du temps", prévient le Huffington Post. Combien de temps exactement ? The New York Times ne le sait pas, mais le quotidien, qui évoque une élection "très serrée", "pleine de suspense", parle d’au moins "plusieurs jours". Pour le moment, ce qu’on peut dire sans se tromper, c’est que la fameuse "vague bleue", espérée par les démocrates, n’a pas eu lieu - ce que ne manque évidemment pas de relever la presse conservatrice, à l’image du Wall Street Journal. "En parvenant à décrocher des résultats serrés et en parvenant, peut-être, à faire jouer les prolongations, M. Trump vient de réussir une deuxième énorme surprise politique (comme en 2016). Quelques sondeurs peuvent commencer à se chercher un nouveau travail", ironise le journal.
La presse étrangère, elle, souligne les profondes divisions qui se sont manifestées lors de la campagne. Le journal saoudien Asharq Al Awsat parle de la confrontation de deux Amérique, deux camps antagonistes qui attendent maintenant, et peut-être pour un bon moment encore, les résultats de cette confrontation dans les urnes. L’attente, donc, après des mois de campagne "acrimonieuse", selon le quotidien israélien The Jerusalem Post – qui annonce un taux de participation "élevé", pour cette course très "serrée" à la présidentielle. "Très divisés, les Américains se mobilisent en masse" : le journal libanais L’Orient Le Jour évoque, lui aussi, une élection qui a "donné au monde l’image d’un pays scindé en deux blocs qui ne se parlent plus", un pays "polarisé au point que beaucoup craignent que les résultats ne provoquent des tensions entre les deux camps". En France, Le Monde exprime son inquiétude. "Ce troublant spectacle ne serait inquiétant si au cœur de la tension poussée à l’extrême ne se trouvait, tout simplement, la démocratie", écrit le journal – qui voit dans "la mobilisation exceptionnelle de l’électorat américain la bonne nouvelle de cette sinistre campagne".
Au Royaume-Uni, The Guardian évoque une élection "qui va façonner le futur de la planète". Le journal parle même d’une "bataille pour l’âme de l’Amérique". "Le monde retient son souffle. Aux États-Unis et bien au-delà, les gens attendent un verdict électoral qui comptera comme le plus important de l'histoire américaine récente et affectera aussi la planète tout entière dans les années à venir". Cette solennité tranche avec l’humour du Daily Star. Le tabloïd dit qu’il a préféré aller se coucher. "On voulait rester debout, mais on s’est endormis. De toute façon, voici ce que nous pouvons dire dès maintenant : qu’un "vieux croûton" va remporter cette élection, qu’il aura 74 ans, l’âge de Trump, ou 77 ans, celui de Biden, qu’il sera ou fou ou sénile. Et qu’il mériterait largement de faire une petite sieste à l’heure qu’il est". La presse britannique, et plus précisément les dessinateurs de presse, sont plus déchaînés que jamais contre Donald Trump, représenté en méchant furoncle sur le visage de l’oncle Sam. Celui-ci va-t-il enfin se décider à s’en débarrasser grâce à l’aiguille Joe Biden ? L’oncle Sam, qu’on retrouve dans la position du penseur de Rodin, assis sur le trône Donald Trump, un volcan en pleine éruption, dans un dessin de Dave Brown. Deux caricatures publiées sur Twitter.
Donald Trump, finalement, semble être parvenu à façonner le parti républicain à son image. Qu’il emporte ou non cette élection, le président sortant, par ses "fanfaronnades et son sens du spectacle" aura totalement transformé le parti conservateur, note The Washington Times, qui se demande si c’est "pour le meilleur ou pour le pire". Pour le meilleur ou pour le pire ? Les quatre années écoulées auraient aussi accru les divisions entre l’électorat masculin et féminin, d’après The Financial Times – qui fait état de plusieurs sondages montrant un écart "record", dans cette élection, entre le vote des hommes et celui des femmes, qui sembleraient s’être détournées assez largement de Donald Trump. Cette désaffection ne toucherait pas, en revanche, l’électorat hispanique. La chaîne de télé CNN cite, elle, d’autres sondages, qui indiquent que ces électeurs ont davantage voté pour Donald Trump en 2020 qu’en 2016, malgré sa politique anti-immigration, très décriée par ses adversaires démocrates.
On en se quitte pas là-dessus. Pas question de vous dire à demain sans vous dire pour qui le chanteur Kanye West, qui est lui aussi candidat à cette présidentielle dans quelques États - pour qui, donc, a voté l’inénarrable mari de Kim Kardashian. D’après la version française du Huffington Post, le chanteur a déclaré avoir voté pour la première fois de sa vie à une présidentielle et avoir voté pour quelqu’un en qui "il avait vraiment confiance". Autrement dit… pour lui-même…
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