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Attaque du commissariat de Champigny : la police sous le choc, les syndicats reçus à l'Élysée jeudi

L'attaque d'un commissariat à Champigny-sur-Marne, en région parisienne, samedi soir par une quarantaine de personnes aux tirs de mortiers d'artifice, visait à "casser les symboles de la République" et à "casser du flic", pour le ministre de l'Intérieur, qui a annoncé que les syndicats policiers seraient reçus par le chef de l'État. 

Les syndicats de policiers sont en émoi après l'attaque aux mortiers d'artifice dans la nuit de samedi à dimanche du commissariat de Champigny-sur-Marne, deux jours après que deux policiers en mission en civil ont été blessés, dont un gravement, par balles à Herblay, dans le Val-d'Oise.

Le commissariat a été "attaqué parce qu'il y a une guerre de territoire sur le sol de la République et parce que nous sommes en reconquête : nous imposons la présence de la police partout (...), qui doit notamment lutter contre les trafics de stupéfiants", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Il a dénoncé "des actes d'une grande sauvagerie" de la part de "caïds", de "voyous" venus pour "casser les symboles de la République" et "casser du flic".  

Le président Emmanuel Macron recevra jeudi 15 octobre les syndicats de policiers, a annoncé Gérald Darmanin, qui doit lui-même rencontrer ces organisations mardi. 

Je suis venu ce soir témoigner aux policiers le soutien du Président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement et leur dire que nous sommes avec eux.
Le Président de la République recevra ce jeudi les représentants des policiers. pic.twitter.com/VKwsgPKG2J

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 11, 2020

Interdiction de la vente des mortiers d'artifice

L'attaque survient alors que le pays est sous le choc de l'attaque très violente, mercredi soir, dont ont été victimes deux policiers passés à tabac et blessés par balle dans le Val-d'Oise. D'après une source proche de l'enquête, le policier le plus gravement blessé est dans un état stable mais toujours en coma artificiel. Le ministre de l'Intérieur veut par ailleurs interdire la vente au public, sur Internet, des mortiers d'artifice qui seront considérés comme "des armes par destination".

Les incidents ont débuté samedi peu avant minuit à Champigny et duré environ une heure. Deux agents étaient devant le commissariat en train de fumer lorsque les assaillants, visage dissimulé et armés de barres de fer, sont arrivés, cassant notamment des vitres de véhicules de police et la porte vitrée de l'entrée. 

Les deux fonctionnaires ont juste eu le temps de se mettre à l'abri dans le sas de sécurité de l'entrée du commissariat, situé au cœur de la cité de Bois-L'Abbé, l'un des trois quartiers en Zone de sécurité prioritaire de cette ville proche du bois de Vincennes.

Une enquête de flagrance, désormais confiée à la Sûreté territoriale du Val-de-Marne, a été ouverte pour "violences en réunion avec arme sur personnes dépositaire de l'autorité publique" et "dégradations de biens publics et de biens privés", a précisé le parquet de Créteil, indiquant que parmi les véhicules endommagés figuraient deux voitures de police. 

Selon le maire DVD de la ville Laurent Jeanne, l'origine de ces tensions, dans un quartier de 10 000 habitants en proie au trafic de drogue, n'était pas claire: "On est sur un quartier de reconquête républicaine, est-ce que ça dérange ? Possible". La tension a également pu naître, selon lui, après un récent accident de scooter dans le quartier dont "la responsabilité a été imputée à la police nationale alors que ce n'est pas avéré".

En avril, ce commissariat, le seul de cette commune de plus de 77 000 habitants, avait déjà été la cible, à une moindre échelle, de tirs de mortiers d'artifice mais "c'était des jeunes qui avaient du mal à vivre le confinement", a rappelé l'élu.

Les syndicats policiers ont vivement dénoncé l'attaque. "Plus personne ne respecte les forces de l'ordre", a déploré le délégué général d'Alliance, Frédéric Lagache. Le syndicat Unité SGP police appelle à la mobilisation lundi à midi devant les services de police. Sur la même ligne, l'opposition de droite a demandé une réaction forte du gouvernement. 

Avec AFP