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Accusations de racisme et de violences au sein des forces de l'ordre : "Que fait la police ?"

À la une de la presse, ce jeudi 30 juillet, l’alerte lancée par plusieurs ONG, sur le durcissement du régime du président turc, Recep Tayip Erdogan, l'arrestation au Maroc du journaliste Omar Radi, le débat sur le racisme au sein de la police et les violences policières en France, et une nouvelle mission vers Mars.

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À la une de la presse, l'alerte lancée par plusieurs associations de défense des libertés sur le durcissement du régime du président turc, Recep Tayip Erdogan.

L'Obs cite l'adoption, mercredi, par le parlement turc d'une loi qui va "considérablement renforcer" le contrôle des autorités sur les réseaux sociaux, un texte qui a officiellement pour but de mettre fin aux insultes en ligne, après que la fille et le gendre de Recep Tayip Erdogan ont été injuriés sur Twitter, mais que de nombreux internautes et associations perçoivent comme un renforcement de la censure. Le magazine évoque aussi l'appel lancé la veille par Human Rights Watch, qui demande aux autorités turques d'enquêter sur des cas de torture présumés et de mauvais traitements par les forces de l'ordre, à Istanbul et dans le sud-est de la Turquie. "Il existe des preuves crédibles montrant que la police et des vigiles de quartiers ont commis de sérieux abus contre au moins 14 personnes, lors de six incidents, à Diyarbakir et à Istanbul, dans les deux derniers mois", affirme un rapport de l'ONG, dont les accusations sont démenties par le gouvernement turc.

Au Maroc, le journaliste Omar Radi a été placé mercredi en détention pour "viol" et "financements de l'étranger". D'après Le Monde, Omar Radi, qui avait déjà été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir critiqué un juge, a été emprisonné à Casablanca, dans l'attente de son procès prévu le 22 septembre. Le quotidien rappelle que l'enquête pour "réception de fonds étrangers" avait été ouverte à la fin du mois dernier, au lendemain de la publication d'un rapport d'Amnesty International affirmant que le téléphone d'Omar Radi était espionné via un logiciel de piratage par les autorités marocaines – qui démentent. Selon l'ONG de défense des droits de l'Homme, ce "journaliste courageux" serait avant tout harcelé en raison de son indépendance.

En France, Libération a enquêté sur le racisme dans les rangs des forces de l'ordre. Qu'il s'agisse de comportements discriminatoires entre collègues ou envers des citoyens, plusieurs policiers évoquent, dans le journal, la difficulté de dénoncer ces actes et disent espérer une prise de conscience de leur hiérarchie. Parmi eux, Amar Benmohamed, dont les accusations ont été très médiatisées depuis leur publication par le site StreetPress, il y a trois jours. Après avoir affirmé avoir été témoin de faits de maltraitance et de racisme de la part de certains de ses collègues au tribunal de grande instance de Paris, le brigadier-chef met notamment en cause le manque de formation, à une époque où la police est en quête d'effectifs. L'institution est "composée de gens bien", mais les comportements problématiques d'une "minorité" y auraient été "couverts par la hiérarchie" – lui-même se disant victime de harcèlement en interne, depuis sa prise de parole. Le ministre de l'Intérieur a quant à lui réagi en s'interrogeant sur le manque de sanctions à l'égard des policiers incriminés par Amar Benmohamed, "si les faits sont avérés".

Gérald Darmanin, dont les propos, mardi, sur les violences policières, ont provoqué un tollé. "Quand j'entends 'violences policières', personnellement, je m'étouffe", a-t-il déclaré. Ces paroles ont choqué une partie de l'opinion, et notamment les proches de Cédric Chouviat, ce livreur décédé en janvier après un contrôle routier, au cours duquel il avait répété sept fois "j'étouffe" aux policiers. Interrogé sur les propos du ministre de l'Intérieur par nos confrères de France Info, Mathieu Zagrodzki explique que Gérald Darmanin n'a probablement pas choisi ses mots "par hasard", et qu'ils peuvent constituer "une provocation". D'après ce chercheur, le positionnement sur les questions du racisme comme sur les violences policières serait "un équilibre très, très, très délicat à trouver", avec d'un côté "une frange de l'opinion publique attachée à l'ordre et qui soutient la police" et une autre "attachée au respect de la déontologie, du droit et des droits de l'Homme", dans un contexte où l'institution "est en crise", "des taux de suicide très élevés, un surmenage, et des millions d'heures supplémentaires accumulées ces dernières années, avec l'alerte terroriste et les Gilets jaunes".

On ne se quitte pas là-dessus. Avant de vous dire à très vite, je vous propose de lever un peu les yeux vers le ciel, pas mal embouteillé, ces temps-ci, puisque après la Chine et les Émirats arabes-Unis, les États-Unis lancent aujourd'hui une mission vers Mars. Selon La Croix, si tout se passe comme prévu, le robot Perseverance devrait atterrir en février prochain, pour tenter de mieux connaître le passé et la géologie de la planète rouge.

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