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La consultation citoyenne a attiré deux millions de votants

Deux millions de personnes ont participé à la "votation citoyenne" sur l'avenir de La Poste. Forts de ce "succès", les organisateurs du scrutin demandent le retrait du projet de loi visant à transformer les statuts de l'entreprise publique.

"Plus de deux millions" de personnes ont participé à la votation citoyenne sur l'avenir de La Poste achevée ce week-end, a affirmé dimanche le comité organisateur, qui a exigé "le retrait" du projet de loi transformant l'entreprise publique en société par actions à capitaux publics.

Le scrutin a eu lieu dans "plus de 10.000 points de vote" selon le comité, essentiellement composé de militants de gauche et rejoints dans certaines localités par des élus de droite, comme le secrétaire départemental UMP du Gers, Gérard Bezerra, favorable à la votation, ou à Montrouge (Hauts-de-Seine).


"Après cet exercice de démocratie participative et cet engouement, on va évidemment demander le gel du projet et l'ouverture d'un grand débat public", a prévenu le porte-parole, Nicolas Galepides, fort des plus de 2 millions de votes recensés dimanche dans 90 départements.


Manipulation et consultation

Répondant aux accusations de "manipulation" venant de l'UMP, notamment de son porte-parole Frédéric Lefebvre auquel la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a emboîté le pas, le porte-parole du comité, Nicolas Galepides (Sud-PTT), avait auparavant déclaré que "son interlocuteur était le président de la République".

Selon le communiqué, "dans tous les départements, dans tous les quartiers, les taux de participation ont largement dépassé les attentes des organisateurs, preuve de l’intérêt de la population pour le service public postal".

"Avec une écrasante majorité en faveur du refus du changement de statut, le principal enseignement de cette consultation est le souhait de nos concitoyens de participer au débat sur le service public postal. Ils veulent pouvoir exprimer leur point de vue sur ce sujet déterminant pour l’avenir, comme ils l’ont fait toute cette semaine au travers de la votation citoyenne", ont ajouté les organisateurs.

La Constitution prévoit que le président de la République peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur des réformes relatives à la politique économique et aux services publics qui y concourent.

Le succès de la votation citoyenne sur le changement de statut de La Poste va compliquer quelque peu la tâche du gouvernement, en renforçant politiquement les opposants à ce projet de loi même si cette consultation n'a aucune valeur juridique.

"Les Français ne veulent pas d’une privatisation"


Le projet de loi du gouvernement prévoit la transformation de La Poste en société anonyme à capitaux publics en 2010 avant l'ouverture totale à la concurrence du secteur postal en 2011 dans l'UE. Ses détracteurs y voient un prélude à une privatisation.

"On ne peut pas laisser retomber le soufflé. On ne va pas se contenter de demander un rendez-vous au président de la République", a insisté M. Galepides.

Dans l'esprit de tous, comité d'organisation et gouvernement, le résultat de cette votation, qui sera communiqué lundi en milieu de journée, ne faisait guère de doute en faveur d'un non massif à une privatisation de La Poste. La question posée associait changement de statut et privatisation.

"Les Français ne veulent pas d'une privatisation. Ca tombe bien, je propose un texte qui répond à leur préoccupation en disant précisément qu'il n'y en aura pas. On est tous d'accord, c'est formidable !", s'est félicité, auprès de l'AFP, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi.

Dans l'entourage du Premier ministre François Fillon, on notait de la même façon qu'il n'était pas question de privatisation.

Mais alors que le gouvernement justifie ce changement de statut par l'ouverture à la concurrence, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud, s'est inscrit en faux contre cet argument. "Personne n'imposait quelque changement de statut que ce soit à La Poste (...). Son statut actuel lui permet de s'inscrire dans la concurrence", a-t-il affirmé dimanche.

Membre du comité d'organisation, le mouvement alter mondialiste Attac a également demandé le gel du projet et l'organisation d'un referendum.