Malmené dans les sondages, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a profité du Congrès travailliste pour annoncer une série de mesures censées remettre le Labour sur les rails avant les législatives de juin.
REUTERS - Gordon Brown s'est engagé mardi à réduire le déficit, faire le ménage dans la classe politique et s'attaquer de front aux bonus dans la finance et à la criminalité pour tenter d'éviter au Labour une défaite annoncée aux prochaines législatives.
Les sondages accordent une large avance aux conservateurs en vue des élections, qui doivent avoir lieu d'ici juin prochain, et la marge de manoeuvre du Premier ministre britannique, contestée jusque dans son propre camp, paraît bien limitée.
La cote de popularité du successeur de Tony Blair en 2007 s'est effondrée l'an dernier à la suite du scandale des notes de frais parlementaires et de la hausse du chômage et les critiques fusent sur son caractère supposé hésitant.
L'ancien ministre des Finances de Tony Blair a profité mardi du congrès annuel du Parti travailliste à Brighton pour tenter de reprendre la main en visant d'abord la classe moyenne, pour éviter qu'elle ne se tourne massivement vers les Conservateurs.
Cible de virulentes critiques en raison de la crise, bien que ses conseillers le créditent d'avoir mis son pays sur les rails de la reprise, Gordon Brown a annoncé une loi obligeant le prochain gouvernement à réduire le déficit de moitié.
"Notre plan de réduction du déficit visant à diminuer le déficit de moitié d'ici quatre ans fera l'objet d'une loi dans le cadre d'un nouvelle loi de responsabilité fiscale", a-t-il dit.
Des annonces fortes sur les dépenses publiques sont attendues dès le rapport budgétaire préliminaire de novembre, mais le gouvernement semble se diriger vers des réductions ciblées chaque année, sur le modèle de l'Allemagne.
VOTE ALTERNATIF
Gordon Brown a en outre confirmé qu'il préparait une loi très sévère contre les bonus bancaires, conformément aux engagements pris par les membres du G20 la semaine dernière et aux désirs de l'opinion, très remontée contre les banques.
"Nous adopterons une nouvelle loi sur les bonus des banquiers dès lors qu'ils mettent l'économie en danger. Et un directeur de n'importe laquelle de nos banques qui se montrera négligent ne pourra plus occuper un tel poste", a-t-il prévenu.
Aux critiques des conservateurs qui dénoncent une société déliquescente, le Premier ministre a répondu par un discours musclé sur la sécurité et des mesures pour combattre la délinquance juvénile ou l'alcoolisme chez les jeunes. Ces engagements pourraient lui attirer les faveurs de l'influente presse tabloïd, classée à droite mais qui n'a pas encore fait son choix entre le Labour et les Tories.
Outre les classes moyennes et les tabloïds, Gordon Brown a envoyé un message aux Libéraux, la troisième force parlementaire que certains observateurs voient en possible faiseur de roi à l'issue des législatives, en proposant une réforme électorale.
"Le prochain manifeste du Labour contiendra un engagement en vue de la tenue rapide d'un référendum durant la prochaine législature. Il reviendra aux gens de décider s'ils veulent opter pour le vote alternatif", a-t-il déclaré.
Le système dit de "vote alternatif" consiste à désigner ses candidats favoris par ordre de préférence lors d'une élection législative. Si aucun n'obtient d'emblée la majorité absolue des premières places, on y ajoute les deuxièmes places obtenues derrière le candidat arrivé dernier, qui est écarté, et on remonte la liste des candidats par ordre d'arrivée décroissant en comptabilisant les deuxièmes places jusqu'à ce qu'un vainqueur émerge.