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Kenya, la nouvelle route de la drogue

Mombasa, le plus grand port d’Afrique de l’Est, est devenu la capitale d’une nouvelle route de la drogue. Héroïne venue d’Asie et cocaïne venue d’Amérique latine transitent désormais par le Kenya, avant de partir vers l’Europe. Reportage des équipes de France 24.

C’est une scène de plus en plus fréquente en Afrique de l'Est, en particulier au Kenya : à quelques kilomètres des côtes, un bateau venu du Pakistan est rejoint par un bateau de pêche. À bord, une cargaison d’héroïne raffinée au Pakistan après que le pavot a été récolté en Afghanistan va transiter d'une embarcation à l'autre.

Depuis quelques années, une nouvelle route de la drogue a été ouverte par les trafiquants internationaux. Et pour cause : la côte kenyane est longue et très peu surveillée. Il est donc facile d’introduire de la drogue dans le pays.

Une fois livrée au Kenya, l’héroïne, et parfois aussi la cocaïne, est apportée à Mombasa, deuxième ville du pays et plus grand port de la région. Sur place, les possibilités sont multiples : la marchandise peut prendre directement un avion pour l’Europe ou Dubaï, être reroutée vers Nairobi, la capitale, pour être expédiée de façon plus discrète à l’étranger, ou encore partir vers l’Afrique du Sud ou l’Afrique de l’Ouest afin d'emprunter une route encore plus opaque.

Un problème de santé publique

Les reporters  de France 24 ont rencontré des mules, comme David, qui ingèrent régulièrement de la drogue pour la transporter en toute discrétion et éviter les contrôles de sécurité. Un travail dangereux mais extrêmement lucratif : David peut gagner jusqu’à 10 000 euros à chaque fois qu'il convoie de la drogue à l'étranger.

Ce marché, estimé au Kenya à plus de 100 millions d’euros par an, est en constante augmentation. Avec des conséquences aussi sur la santé des Kényans : autrefois absentes du pays, les drogues dures – héroïne en tête – sont désormais faciles à trouver, à des coûts minimes : moins de deux euros la dose.

À Mombasa, capitale du trafic, 3,5 % de la population aurait déjà essayé l’héroïne, et on y estime entre 2 500 et 5 000 le nombre des usagers fréquents. Ce qui devient un problème de santé publique grandissant, car outre les effets ravageurs des drogues, nombre d’usagers contractent le sida ou l’hépatite C par manque de précautions.