logo

Semaine internationale pour le climat : la planète en grève

Un appel à la "grève mondiale" est lancé sur l’ensemble de la planète pour tenter de faire fléchir les dirigeants internationaux réunis lundi, à New York, au "Sommet Action Climat" de l’ONU. Un mouvement inédit.

Ça chauffe aux quatre coins du globe. De Paris à Tahiti en passant par New York et Doha, un appel à la grève générale a été lancé, vendredi 20 septembre, à l’initiative de collectifs environnementaux. Cette journée donne le coup d’envoi de la semaine internationale pour le climat qui se tient jusqu’au 27 septembre.

Dès vendredi, des marches et initiatives diverses et variées sont prévues un peu partout dans le monde, avec un objectif commun : mettre la pression sur les dirigeants qui se réunissent pour un “Sommet Action Climat” à l’ONU, en début de semaine prochaine, à New York. Quelque 500 jeunes leaders sud-américains, européens, asiatiques et africains sont attendus aujourd'hui, en préambule du sommet, pour battre le pavé. Et pas question que la désormais célèbre Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, ne rate l’événement.

Une semaine inédite

L’invitation onusienne intervient alors que le dérèglement climatique fait peser des menaces profondes sur la planète. Les canicules de l’été ou les feux de forêts dans l’Amazonie en sont les dernières illustrations.

Et la question devient de plus en plus préoccupante si l’on en croit les conclusions de nouvelles simulations climatiques françaises. Les températures mondiales pourraient connaître une hausse d’environ 7 ° C par rapport à la période préindustrielle d’ici à la fin du siècle, selon cette dernière étude. Des prévisions scientifiques nettement plus pessimistes que celles annoncées à la COP21.

Dans ces conditions, la semaine de mobilisation s’organise et demeure inédite à bien des égards. À Paris, une marche est prévue, samedi, de Saint-Michel au parc de Bercy à 14h30 et dans la matinée un rassemblement est organisé à 09h00 place de la Madeleine, avec certains groupes de "Gilets jaunes" qui ont appelé à rejoindre le combat environnemental.

Lundi, c'est à New York que l'ampleur de la mobilisation devrait être sans équivalent. Tout ce que la planète compte de militants écologistes déferlera sur les artères de la Big apple.

La ville de New York a même autorisé ses élèves à sécher les cours pour faire grossir les rangs des manifestants. L’image d'enfants et d'adolescents embouteillant les rues des célèbres avenues de la mégapole n’a encore jamais été donnée à voir.

Des fermes de Sierra Leone aux boulevards de la City

Mais la semaine de mobilisation pour le climat ne se limite pas à New York ou Paris, ni aux grandes métropoles occidentales. Cette mobilisation sans précédent a essaimé à travers le monde entier. Pas moins de 4 500 actions sont recensées de part et d’autre de l’hémisphère. De la ville de Barnsley, dans le nord du Royaume-Uni à la ville d’Ibadan au Nigeria. Des manifestations sont même annoncées dans des petites villes ou des villages.

Mais au-delà des chiffres (participation, nombre d’actions), "ce mouvement mondial est unique car il n’est plus seulement porté par les étudiants, comme cela était le cas le 15 mars dernier, assure Clémence Dubois, responsable de l’association 350.org, dans un entretien à France 24. Il s’agit désormais d’une alliance d’acteurs très différents de la société qui œuvrent dans un même sens. Jeunes, vieux, travailleurs, chômeurs, chacun se sent concerné".

Il n’est donc pas étonnant de voir les syndicats se rallier à la cause. Ainsi, 76 organisations se sont associées à la protestation mondiale.

Les entreprises s’engagent

Autre singularité de cette semaine d’action, de nombreuses entreprises ont choisi, elles aussi, de planter le piquet de grève. L’entreprise américaine de vêtements Levi’s, ou encore la marque de glace Ben and Jerry’s qui ont prévu de fermer leurs magasins et réduire la production de leurs usines.

En Australie, ce sont 200 marques qui ont annoncé se joindre au mouvement de contestation mondial. Le moteur de recherche écolo Ecosia a, de son côté, annoncé à ses employés français qu’il payerait les frais de justice si ils étaient arrêtés lors d’action de désobéissance civile en accord avec leur engagement contre le réchauffement climatique.

"Nous ne sommes plus disposés à accepter le statu quo"

Si certains y voient là une nouvelle forme de communication, l’action n’en demeure pas moins atypique. "La grève pour le climat ne résoudra pas à elle seule la crise climatique, concèdent les organisateurs du Global climate strike. Mais elle montrera que nous ne sommes plus disposés à accepter le statu quo."

Et Anais Darenes, responsable de la communication projet et plaidoyer du REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable), de poursuivre, "on ne sait pas si toute ces mobilisations auront des effets concrets sur les dirigeants à l’ONU mais si, ne serait-ce que par les mots, certains d’entre eux peuvent en convaincre d’autres de faire davantage pour le climat, on aura déjà gagné".

Une soixantaine de pays devraient annoncer des plans climat renforcés, selon Alden Meyer, expert de l'ONG américaine Union of Concerned Scientists, mais a priori pas les grands émetteurs, estime-t-il auprès de l'AFP. Mais à ce jour, seuls le Maroc et la Gambie ont des engagements "compatibles" avec l'objectif de l'accord de Paris de 2015, selon le Climate Action Tracker.