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Israël démolit à Jérusalem-Est le siège de l'Unrwa, qui dénonce une "attaque sans précédent"
Des bulldozers israéliens ont commencé mardi à démolir sans avertissement préalable des bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est. L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonce une "attaque sans précédent", "une violation grave du droit international ainsi que des privilèges et immunités des Nations unies".
Des bulldozers israéliens détruisent le siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, le 20 janvier 2026. © Ammar Awad, Reuters

L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a dénoncé, mardi 20 janvier, une "attaque sans précédent" après la démolition par Israël de bâtiments de son siège de Jérusalem-Est, selon des déclarations de responsables à l'AFP.

"Il s'agit d'une attaque sans précédent" qui "constitue une violation grave du droit international ainsi que des privilèges et immunités des Nations unies", s'est insurgé Roland Frierich, directeur de l'Unrwa en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

"Comme tous les États membres de l'ONU, Israël est tenu de protéger et de respecter l'inviolabilité des locaux de l'ONU", a souligné de son côté Jonathan Fowler, porte-parole de l'agence. "Cela devrait nous servir de signal d'alarme", a-t-il ajouté. "Ce qui arrive aujourd'hui à l'Unrwa peut arriver demain à n'importe quelle autre organisation internationale ou mission diplomatique."

Roland Friedrich a vu dans l'action israélienne une nouvelle "démarche politique" et une "intention" probable de "s'emparer des terrains pour construire des colonies".

Le complexe de l'agence à Jérusalem-Est, partie de la ville annexée par Israël en 1967, n'est plus occupé par les salariés depuis un an, après l'interdiction de ses activités par Israël, entrée en vigueur le 30 janvier 2025. Du fait de l'annexion de Jérusalem-Est par Israël, jugée illégale par l'ONU, cette interdiction s'y applique.

Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe

Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe peu après 7 h (5 h GMT), a dit à l'AFP Jonathan Fowler, précisant qu'elles avaient forcé les gardes de sécurité à quitter le site, puis que des bulldozers étaient entrés et avaient commencé à démolir les bâtiments.

Des engins de chantier ont démoli au moins un bâtiment du complexe, au-dessus duquel flotte un drapeau israélien, a constaté le photographe de l'AFP, qui a également vu des responsables politiques israéliens sur place.

"La mesure d'aujourd'hui ne constitue pas une nouvelle politique, mais plutôt la mise en œuvre de la législation israélienne existante concernant 'l'Unrwa-Hamas'", a déclaré le ministère israélien des Affaires étrangères.

Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l'agence d'avoir participé le 7 octobre 2023 à l'attaque du Hamas, qui a déclenché la guerre dans la bande Gaza.

L'ONU avait annoncé en août 2024 avoir limogé neuf de ses employés à Gaza, indiquant qu'ils pourraient avoir été impliqués, tout en précisant que leur commission d'enquête n'avait pas pu authentifier les renseignements utilisés par Israël pour fonder ses allégations.

"Un jour historique, un jour de célébration"

Le complexe "ne bénéficie d'aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international", a aussi soutenu la diplomatie israélienne, affirmant que le complexe "appartenait à l'État d'Israël".

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, s'est rendu sur place pour saluer "un jour historique, un jour de célébration et un jour très important pour la gouvernance à Jérusalem".

"Pendant des années, ces soutiens au terrorisme étaient ici, et aujourd'hui ils sont chassés d'ici avec tout ce qu'ils ont construit dans cet endroit, c'est ce qui arrivera à quiconque soutient le terrorisme", a ajouté cette figure de l'extrême droite dans un communiqué publié sur Telegram.

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Créée en 1949, l'Unrwa gère des centres de santé et des écoles destinés aux réfugiés palestiniens dans les Territoires palestiniens, au Liban, en Syrie et en Jordanie.

Début décembre, l'Urnwa avait déjà dénoncé la saisie par les autorités israéliennes de biens sur le même site, que la police avait de son côté indiqué à l'AFP relever d'une opération de recouvrement de dettes.

Le chef de l'agence onusienne, Philippe Lazzarini, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sont considérés personae non gratae en Israël.

Avec AFP