Les autorités du Cachemire indien ont décidé lundi de restreindre la liberté de rassemblement et de fermer les écoles et universités. Côté pakistanais, les villageois ont été appelés dimanche à la vigilance.
La tension monte d’un cran au Cachemire. Côté indien, les autorités ont restreint lundi 5 août la liberté de rassemblement et fermé les écoles dans la principale ville du territoire et ses alentours, en plein regain de tension entre l’Inde et le Pakistan.
Les autorités ont décrété, selon un communiqué officiel, "une interdiction complète des rassemblements et des réunions publiques" à Srinagar et dans ses environs. La fermeture des écoles et universités a également été ordonné dans l’État du Jammu, sans que ne soit précisée la durée de ces restrictions.
Quelques heures plus tôt, dimanche 4 août, les autorités pakistanaises avaient demandé aux villageois vivant au Cachemire pakistanais de rester vigilants, alors que le Pakistan accuse l'Inde d'avoir récemment employé des bombes à sous-munitions dans ce territoire que les deux voisins et puissances nucléaires se disputent.
"Ne touchez pas à de tels objets. Ne laissez pas vos enfants s'en approcher", ont averti les autorités du Cachemire pakistanais sur les réseaux sociaux et dans des messages envoyés aux habitants via l'application WhatsApp.
L'avis a été émis après que plus de 50 ressortissants chinois travaillant à la construction d'un barrage au Cachemire pakistanais avaient été évacués mardi à la suite de bombardements venant d'Inde.
80 000 soldats indiens déployés
Depuis dix jours, la tension ne fait que monter entre l'Inde et le Pakistan qui revendiquent tous deux la souveraineté sur le Cachemire, depuis que New Delhi a déployé au moins 10 000 soldats sur le territoire.
Depuis lors, 70 000 soldats supplémentaires ont été envoyés, selon une source sécuritaire. Un niveau considéré comme sans précédent.
Des réseaux privés de téléphonie mobile et d'Internet ont également été coupés, ne laissant opérationnel que le réseau public.
Samedi, des milliers de personnes ont tenté de fuir le Cachemire après la publication, vendredi, d’un communiqué du gouvernement local appelant touristes et pèlerins à quitter "immédiatement" cette région du nord de l'Inde, en raison de "menaces terroristes signalées par les services de renseignement".
De nombreux touristes inquiets, dont des étrangers, ont tenté de quitter le pays en bus pendant que d’autres se précipitaient à l'aéroport de Srinagar, la principale ville du Cachemire.
L'Inde et le Pakistan se disputent le Cachemire depuis la partition de l'empire colonial britannique en 1947 et se sont déjà affrontés dans deux guerres au sujet de cette région. Armées indienne et pakistanaise échangent presque chaque jour des tirs de mortier par-dessus la ligne de cessez-le-feu.
Une insurrection séparatiste, qui fait également rage depuis 1989 au Cachemire indien, a également coûté la vie à plus de 70 000 personnes, principalement des civils.
New Delhi accuse son voisin de soutenir des groupes rebelles, ce que le Pakistan a toujours démenti.
Avec AFP