
Le pape François, au dernier jour de la conférence du Vatican sur les abus sexuels perpétrés sur des mineurs par des membres du clergé, a appelé à une "bataille totale" contre un crime qu'il a qualifié d'abominable.
Le pape François a comparé, dimanche 24 février, les agressions sexuelles perpétrées sur des mineurs au "sacrifice" d'enfants des "rites païens", en prenant la parole au dernier jour d'un sommet de l'Église catholique consacré au sujet des abus sexuels du clergé.
"Cela me rappelle la pratique religieuse cruelle, répandue par le passé dans certaines cultures, qui consistait à offrir des êtres humains - spécialement des enfants - en sacrifice dans les rites païens", a déclaré l’évêque de Rome.
Le souverain pontife argentin a beaucoup insisté aussi sur la présence du "mal", en estimant que le clergé coupable de tels faits devenait "un instrument de Satan".
"L'inhumanité du phénomène au niveau mondial devient encore plus grave et plus scandaleuse dans l'Église, parce qu'en contradiction avec son autorité morale et sa crédibilité éthique. La personne consacrée, choisie par Dieu pour guider les âmes vers le salut, se laisse asservir par sa propre fragilité humaine, ou sa propre maladie, devenant ainsi un instrument de Satan", a-t-il martelé.
"Dans les abus, nous voyons la main du mal qui n'épargne même pas l'innocence des enfants", a-t-il ajouté.
François a promis que l'Église catholique ne reculerait "devant aucun effort" pour traduire en justice les auteurs d'abus.
La définition juridique de la minorité, fixée à 14 ans au sein de l'église, sera relevée pour mieux protéger les mineurs, a dit le souverain pontife.
Ce crime doit être "effacé de la face de la terre", a-t-il ajouté.
Il a promis que les directives utilisées par les conférences épiscopales nationales pour prévenir les abus et punir les auteurs seraient revues et renforcées.
Ce discours très attendu a consacré un long développement aux statistiques disponibles sur les abus sexuels perpétrés dans le monde dans toutes les sphères de la société, notamment dans les familles, les écoles et les milieux sportifs. "Nous sommes, donc, devant un problème universel et transversal qui, malheureusement, existe presque partout", a insisté le pape.
Le pape a voulu faire comprendre aux 190 participants de tous les continents leur "responsabilité" individuelle et collégiale face aux scandales. Dimanche matin, tous étaient d'abord réunis pour une messe dans la majestueuse salle royale du Palais apostolique, là où ils avaient écouté, samedi, dans un silence glacé, un jeune chilien expliquant que subir des abus sexuels "c'est l'humiliation la plus grande qu'un être humain subit".
Déjà minée par de nombreuses affaires d'abus dissimulés, la crédibilité de l'Église catholique a été sévèrement entachée en 2018 par de nouveaux scandales de grande ampleur, au Chili, aux États-Unis ou encore en Allemagne.
Avec AFP