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Malaisie : l'ancien Premier ministre inculpé de corruption

L'ex-Premier ministre malaisien, Najib Razak, a été inculpé mercredi dans le cadre de l'enquête sur de vastes détournements au détriment du fonds souverain 1MDB.

Nouveau rebondissement en Malaisie dans le vaste scandale financier qui secoue la sphère politique depuis des années. L’ex-Premier ministre malaisien, Najib Razak, soupçonné d'avoir détourné pour des millions d'euros d'argent public d'un fonds souverain, a été inculpé de corruption mercredi 3 juillet. Il avait été arrêté la veille à son domicile.

Najib Razak a comparu devant un tribunal de la capitale Kuala Lumpur, où le procureur a demandé le transfert du dossier devant la Haute Cour de justice, compte tenu de la gravité des faits, a constaté un journaliste de l’AFP. Quatre chefs d'inculpation lui ont été signifiés, trois pour abus de confiance et le quatrième pour avoir accepté un pot-de-vin de 42 millions de ringgit (8,9 millions d'euros). Il encourt jusqu'à 20 ans de prison.

1Malaysia Development Berhad, ou 1MDB, est un fonds d'investissement créé par Najib Razak peu après son arrivée au pouvoir comme Premier ministre en 2009, dans le but de moderniser ce pays d'Asie du Sud-Est de 32 millions d'habitants.

Cette affaire de détournements de centaines de millions d'euros a largement contribué, en mai, à la défaite cinglante aux législatives de l'ancienne coalition qui était au pouvoir depuis 61 ans et qu'il dirigeait.

Sacs à main de luxe remplis d'argent et de bijoux

Des enquêtes ont été ouvertes à Singapour, en Suisse et aux États-Unis. Le département américain de la Justice a accentué la pression avec une procédure visant à saisir des actifs totalisant 1,4 milliard d'euros qui auraient été détournés du fonds 1MDB et servis à l'achat notamment de biens immobiliers luxueux aux États-Unis et notamment d'un yacht.

Peu après la défaite électorale de mai, la police avait révélé avoir saisi des centaines de cartons contenant des sacs à main de luxe remplis d'argent et de bijoux, lors de perquisitions dans le cadre de cette enquête.

Les marchandises confisquées, dont la valeur est estimée jusqu'à 234 millions d'euros, avaient été découvertes dans des copropriétés d'un immeuble haut de gamme du centre de la capitale Kuala Lumpur.

L'ex-Premier ministre, soupçonné d'avoir détourné environ 640 millions d'euros, a toujours nié toute malversation. L'épouse de ce dernier, Rosmah Mansor, était très impopulaire en raison de ses dépenses extravagantes.

Avec AFP