
Les deux constructeurs sont tombés d'accord, jeudi, sur un plan de fusion qui court jusqu'en 2011. Mais alors que Porsche avait ouvert les hostilités en 2005, c'est finalement Volkswagen qui rafle la mise...
En 2011, Porsche ne sera plus que l’une des dix marques appartenant à Volkswagen (VW). Après une longue guerre d'usure pour savoir qui allait racheter qui, les deux constructeurs allemands ont fini par tomber d'accord, jeudi, sur un plan de fusion qui prévoit l’intégration progressive du célèbre concepteur de voitures de luxe au premier groupe automobile allemand.
"Volkswagen et Porsche ont fait ensemble un pas décisif vers un avenir commun", s’est félicité dans un communiqué le patron de VW, Martin Winterkorn, qui cumulera aussi désormais le poste de président de Porsche. Dans un premier temps, Volkswagen va donc acquérir 42 % des parts de son rival d’hier, d’ici à la fin de l’année. Puis, en 2010, la firme procédera à une augmentation de capital pour les deux constructeurs afin de consolider la nouvelle entité, avant de finaliser l'opération, à la mi-2011. Le groupe comprendra, dans son tour de table, l’émirat du Qatar, qui a proposé un apport de sept milliards d’euros au capital de Porsche, et le Land de Basse-Saxe, qui garde un contrôle sur le géant grâce à une minorité de blocage de 20 %.
Toyota en ligne de mire
Derrière les chiffres, cet accord témoigne surtout de la victoire de Volkswagen sur son compatriote qui tentait, depuis 2005, de prendre progressivement le contrôle de VW. Mais pour Porsche, l'opération, risquée et coûteuse, s'est révélée être un fiasco. L'inventeur de la 911 a plombé ses comptes, enregistrant près de cinq milliards d'euros de dettes, et n’a finalement pas eu d’autre choix que de demander à sa proie de lui venir en aide. Un triste retour de bâton pour l'ex-charismatique patron de Porsche, Wendelin Wiedeking,
"Plus que jamais, nous avons désormais les moyens de devenir numéro un mondial", fanfaronne aujourd'hui Martin Winterkorn. Son objectif : dépasser le japonais Toyota et les 6,5 millions de voitures qu'il espère vendre en 2010. Si les actionnaires se demandent déjà quelle place occupera Porsche dans cette stratégie de conquête, les 11 000 employés de la marque se demandent surtout quel sera leur avenir au sein des 400 000 salariés employés par leur nouveau patron à travers le monde.