
La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, poursuit sa tournée africaine au Nigeria, où elle s'est dite prête à aider à la pacification du delta du Niger, une région pétrolifère du sud du pays en proie à une rébellion.
AFP - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est entretenu mercredi de la pacification de la région pétrolifère sud du Nigeria, lors de sa visite dans ce pays stratégique pour les Etats-Unis, et a aussi souligné l'importance de la lutte contre la corruption.
A l'issue d'une rencontre avec son homologue Ojo Maduekwe, Clinton a indiqué que Washington était prêt à assister Abuja dans ses efforts pour ramener la paix dans le delta du Niger (sud) en proie à des violences qui ont fait nettement chuter la production de pétrole du pays.
Aucune décision concrète n'a été prise, mais les armées des deux pays se consulteront pour "déterminer quelle aide le Nigeria souhaiterait de notre part", a-t-elle indiqué.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec Maduekwe, Hillary Clinton a précisé avoir également rencontré le ministre nigérian de la Défense.
Maduekwe a déclaré espérer que l'amnistie présidentielle offerte aux groupes armés du delta, qui affirment se battre pour une répartition plus juste de la manne pétrolière, permette un retour à la paix d'ici fin décembre.
Clinton a jugé "très prometteurs" les efforts du Nigeria. Son président Umaru Yar'Adua a offert, du 6 août au 4 octobre, l'amnistie aux militants qui déposeront les armes et arrêteront leurs attaques incessantes contre les infrastructures pétrolières.
Selon le conseiller Afrique de la secrétaire d'Etat américaine, Washington juge cruciales ses relations avec le Nigeria, premier fournisseur africain de brut aux Etats-Unis.
"Le Nigeria est sans aucun doute le pays le plus important d'Afrique subsaharienne", a déclaré à des journalistes Johnnie Carson, ce responsable Affaires africaines dans l'avion transportant Clinton du RD Congo à Abuja mardi soir.
Le Nigeria est pour Washington un "ami, un allié et un partenaire dans un grand nombre de domaines", a estimé Clinton, saluant son rôle régional à la stabilisation de la Sierra Leone et du Liberia.
L'ex-Première dame américaine a également fait part de ses inquiétudes face à la corruption et au système politique du Nigeria.
L'élection en avril 2007 d'Umaru Yar'Adua a été marquée par de nombreuses irrégularités, selon les observateurs.
"Nous soutenons et encourageons fortement les efforts du gouvernement nigérian pour augmenter la transparence, réduire la corruption et soutenir les processus démocratiques en vue des élections de 2011", a-t-elle déclaré.
Clinton devait participer dans l'après-midi à un forum sur la corruption avec des représentants de la société civile, puis à une table ronde avec des dignitaires religieux.
Quelque 140 millions de Nigérians sont répartis à peu près également entre un sud chrétien et un nord musulman. Régulièrement, des violences à caractère religieux embrasent le pays.
En juillet, des affrontements entre forces de l'ordre et islamistes pro-talibans ont fait plus de 800 morts, selon des chiffres transmis à l'AFP.
Clinton n'a pas souhaité commenter ces violences mais a salué les efforts d'Abuja pour préserver la paix intercommunautaire.
La visite de Hillary Clinton au Nigeria, qu'elle quittera jeudi matin, est la cinquième étape de sa tournée dans sept pays d'Afrique. Elle devait être reçue par le président Yar'Adua dans l'après-midi avant un banquet. Jeudi, elle était attendue à Monrovia et vendredi pour une très brève visite à Praia (Cap Vert).