
À la une de la presse, ce mercredi 9 mai : les réactions, dans le monde, à la décision du président des États-Unis de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien.
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À la une de la presse, ce matin, les réactions, à l’étranger, à la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien.
On commence à Téhéran, où le président américain fait la une du journal Shargh , brandissant le texte officialisant la sortie de l’accord. Le président Rohani a répliqué sur le ton du défi que «l’Iran est plus fort que jamais», et qu’il poursuivra sa route «sans les États-Unis»,- mais avec l’Union européenne, dont la cheffe de la diplomatie, Federica Mogherini, a dit hier qu’elle était «déterminée à préserver» l'accord sur le nucléaire iranien. Préserver l’accord, oui, mais à condition que les termes définis en 2015 soient respectés, rappelle The Tehran Times , qui précise que Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis et le «brusque retour» des sanctions contre l’Iran. «Des sanctions balayées par le président Rohani, qui demande l’établissement de relations constructives avec le monde», annonce enfin The Iran Daily .
Lié à la fois à l’Iran et l’Arabie saoudite, le Liban observe avec inquiétude les tensions grandissantes entre Israël et les États-Unis d’une part, et l’Iran d’autre part. «Trump met le feu aux poudres», titre L’Orient Le Jour. Le journal parle d’une «décision attendue», d’une «option radicale» qui «plonge indubitablement le Moyen-Orient dans une nouvelle période de crise aiguë, qui pourrait en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire tourner à l’explosion pure et simple». Des états d’âme que ne partage pas Arab News. «L’accord est mort», assène sans fleurs ni couronne le quotidien saoudien, qui partage les propos tenus hier par Donald Trump : «L’Amérique ne sera pas tenue en otage par le chantage au nucléaire». Pas d’état d’âme non plus du côté du Jerusalem Post, opposé depuis le départ à l’accord sur le nucléaire iranien. Le quotidien israélien cite pour sa part le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui a remercié le président des États-Unis pour son «leadership courageux», et se réjouit du retour des sanctions économiques américaines contre Téhéran, supposées l’isoler de ses alliés européens.
Une analyse toutefois contestée par le journal Haaretz, qui s’alarme du fait que le retrait américain risque de renforcer l’influence des conservateurs iraniens, au détriment d’Hassan Rohani. Le président était parvenu à conclure «un accord sans précédent en 2015 – pour le voir ensuite détruit par un président américain que le monde entier considère comme un fléau, un menteur et un danger pour la paix dans le monde». «Maintenant que Trump a renoncé à cet accord, qu’il méprisait depuis le début, c’est maintenant la responsabilité de l’Europe de prendre la tête de l’action internationale – et pas seulement en ce qui concerne l’Iran», demande le quotidien israélien.
En Europe, justement, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne font part de leur «regret» et de leur «préoccupation», d’après The Independent, qui annonce simplement que Donald Trump a décidé de «déchirer» l’accord avec l’Iran. «Trump choque le monde», critique Der Tagesspiegel en Allemagne, en expliquant qu’il n’est pas encore «clair» si les États-Unis ont l’intention d’établir de nouvelles sanctions, ou s’ils se «contenteront» de réimposer celles qui ont déjà été appliquées dans le passé.
Au diapason de son confrère allemand, La Croix s’inquiète du «face-à-face» entre Donald Trump et l’Iran, en établissant un parallèle entre l’attitude du président américain vis-à-vis de Téhéran et vis-à-vis de la Corée du nord. «Dans un cas, le président américain stigmatise l’Iran qui a manifesté sa volonté de s’arrêter juste avant de se doter de l’arme nucléaire. Dans l’autre, il n’exclut pas de toper avec un État qui, lui, vient de se doter de cette arme. Il y a, dans la juxtaposition de ces attitudes, quelque chose qui relève de l’incongruité», juge le journal. «Trump espère sans doute faire plier Téhéran comme Pyongyang. Mais l’Iran n’est pas un pays ermite et sans ressources. Les mollahs voient comment Kim Jong-un a réussi à se faire respecter en se hissant dans le «club» atomique», poursuit Le Figaro, en évoquant l’apparition de «deux menaces», «à court terme, un affrontement entre Israël et l’Iran et à plus long terme, une relance tous azimuts de la course à l’atome». «L’atomisation du monde risque de s’accompagner de sa nucléarisation», prévient le journal.
Pour terminer, ce dessin publié ce matin dans le journal américain Star Tribune. Le dessinateur Sack fait allusion à l’éruption, en ce moment, du volcan Kilauea, à Hawaï, transformé en volcan «Killatreaty», «tueur de traités». Une référence à Donald Trump, dont la lave est en train détruit le traité de Paris sur le climat, l’accord de libre-échange américain, l’accord de partenariat transpacifique… et désormais, l’accord sur le nucléaire iranien.
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