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Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport définitivement enterré

Édouard Philippe a annoncé, mercredi, l'abandon du projet de construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Le Premier ministre donne jusqu'au "printemps" aux "occupants illégaux" pour évacuer "d'eux-mêmes" les lieux.

Épilogue d'un conflit qui aura duré plusieurs années. L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) ne sera finalement pas construit, a annoncé, mercredi 17 janvier, le Premier ministre, Édouard Philippe, à l'issue du Conseil des ministres. Après six mois de médiation et une ultime consultation, l'exécutif, malgré des décisions de justice et un référendum local favorables, a donc fini par trancher en faveur des opposants à ce projet controversé.

" Le gouvernement a pris sa decision : je constate aujourd'hui que les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ", a affirmé Édouard Philippe devant la presse. "Le projet de Notre-Dame-des-Landes sera abandonné. Cette décision est logique au regard de l'impasse dans laquelle se trouve ce dossier", a-t-il ajouté, quelques jours après sa visite surprise à Notre Dame-des-Landes et une série de consultations d'élus.

Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport définitivement enterré

"Cette décision est sans ambiguïté, les terres retrouveront leur vocation agricole, elles ne seront pas conservées pour réaliser ultérieurement le projet", a-t-il précisé. "Cette décision est une décision d'apaisement, elle doit être l'occasion d'un nouveau départ".

Jusqu'au "printemps" pour évacuer la ZAD

Le gouvernement s'était donné jusqu'à fin janvier pour prendre une décision sur ce projet validé par un référendum local en juin 2016 et 179 décisions de justice mais aussi fortement contesté par les militants écologistes notamment.

L'évacuation de ce site de 1 600 hectares occupé depuis 2009 par les opposants au projet qui en ont fait une "zone à défendre" (ZAD) fera figure de test pour l'exécutif, six ans après l'échec d'une précédente tentative.

Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport définitivement enterré

"Nous mettrons fin à la zone de non-droit qui prospère depuis plus de dix ans sur cette zone", a assuré Édouard Philippe. "Les occupants illégaux de ces terres devront partir d'eux-mêmes d'ici au printemps prochain ou en seront expulsés", a prévenu le chef du gouvernement.

Avant la décision, un collectif de "zadistes" avait mis en garde le gouvernement, prévenant qu'il était "impensable de laisser mettre fin brutalement à l’expérience singulière qui s’est construite à Notre-Dame-des-Landes".

L'aéroport de Nantes-Atlantique sera quant à lui modernisé dans un premier temps sur l'emprise actuelle de l'aéroport dans des "délais rapides", a indiqué Edouard Philippe. La procédure pour l'allongement de la piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique sera également lancée et l'aéroport de Rennes sera parallèlement agrandi.

"Un véritable reniement"

Matignon avait informé des élus locaux, peu avant la déclaration du Premier ministre. Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest et président du conseil départemental de Loire-Atlantique, a fustigé "un véritable reniement" et "une très très mauvaise décision du président de la République". "Par cette décision, il [Emmanuel Macron, NDLR] piétine les procédures et décisions de justice, il piétine nos collectivités locales, il piétine le vote des habitants", a-t-il ajouté.

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Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport définitivement enterré

Né dans les années 1960, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d'offres en 2010, l'aéroport du Grand Ouest a traversé un demi-siècle pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande et le conflit environnemental le plus emblématique du pays.

350 millions d'euros indemnisation pour Vinci ?

L'avenir du contrat signé avec Vinci couvrant l'exploitation des aéroports existants de Nantes-Atlantique et Saint-Nazaire Montoir, la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes et le transfert vers celui-ci de la plate-forme de Nantes Atlantique demeure inconnu.

L'un des trois médiateurs nommés par le gouvernement sur le sujet estimait fin décembre dans les colonnes du Monde que l'indemnisation du concessionnaire pourrait aller jusqu'à 350 millions d'euros en cas d'abandon du projet d'aéroport.

Contacté par Reuters, un porte-parole du groupe de BTP et de construction a indiqué que Vinci se tenait "à la disposition de l'Etat". Christophe Castaner, ministre des Relations avec le Parlement, a estimé sur BFM TV que le montant de 350 millions n'avait "aucune base légale" et qu'une solution serait trouvée.

Avec AFP et Reuters