
La bataille engagée il y a cinq mois contre des jihadistes affiliés au groupe État islamique dans la ville philippine de Marawi a pris fin, a annoncé lundi le ministre philippin de la Défense.
"Nous annonçons la fin de toutes les opérations de combat à Marawi", a déclaré ce lundi 23 octobre le ministre philippin de la Défense, Delfin Lorenzana, en marge d'une rencontre sur les questions régionales de sécurité à Clark, dans le nord des Philippines.
Delfin Lorenzana a affirmé que plus aucun combattant connu comme appartenant au groupe islamiste Maute, affilié au groupe État islamique (EI), ne résistait aux forces philippines après une ultime bataille très intense à l'issue de laquelle 42 cadavres ont été récupérés.
"C'est le dernier groupe de combattants de Maute qui s'étaient retranchés dans un bâtiment, et il y a eu une fusillade et nous en sommes venus à bout", a-t-il indiqué, précisant que "tous les otages ont été récupérés".
Selon la correspondante de France 24 dans le pays, Marianne Dardard, "malgré l'annonce de l'armée, des échanges de tirs ont été entendus ce [lundi] matin à Marawi".
Des centaines de combattants ayant prêté allégeance au groupe EI avaient pris le 23 mai le contrôle de quartiers entiers de Marawi, utilisant ensuite des civils comme boucliers humains.
Le président Rodrigo Duterte avait proclamé mardi dernier que Marawi avait été "libérée de l'influence des terroristes", mais sans arrêt complet des combats.
L'annonce de cette "libération" était intervenue après la mort la veille du chef de l'EI pour le Sud-Est asiatique, Isnilon Hapilon. Celui ci figurait sur la liste américaine des "terroristes les plus recherchés". Rodrigo Duterte, comme les analystes, le présentaient comme "l'émir" régional de l'EI et le principal artisan de son projet d'y décréter un califat, alors que le groupe subit des revers en Irak et en Syrie.
"Si la bataille de Marawi est officiellement achevée, elle ne met pas fin à la guerre contre le terrorisme", note la correspondante de France 24, qui rappelle que d'autres groupes armés ont prêté allégeance à l'EI dans le pays.
Un millier de morts en cinq mois
Les affrontements avaient éclaté le 23 mai après une opération pour capturer Hapilon, lequel était recherché depuis des années, d'abord en tant que chef d'Abou Sayyaf, groupe extrémiste spécialisé dans les enlèvements crapuleux, puis comme chef régional de l'EI. L'armée philippine avait été clairement prise par surprise.
Apparemment à l'insu de l'état-major, Hapilon avait forgé une alliance avec le groupe des deux frères Maute, à la tête d'un réseau islamiste local, et peaufinait depuis des mois la prise de Marawi.
La tentative de capturer Isnilon Hapilon s'était soldée par un échec mais elle avait incité les jihadistes à précipiter leur attaque contre Marawi.
Plus de 400 000 habitants de la ville ont fui les combats qui ont fait plus d'un millier de morts en cinq mois.
Avec AFP