
Les États-Unis ont annoncé lundi avoir pris des sanctions contre le président vénézuélien, au lendemain de l'élection contestée d'une Assemblée constituante émaillée de violences. Nicolas Maduro dit rejeter les "ordres impérialistes".
Les États-Unis haussent le ton contre Nicolas Maduro. L’administration Trump a imposé, lundi 31 juillet, des sanctions juridiques et financières sans précédent contre le président vénézuélien qu'elle a qualifié de "dictateur" en réponse à l'élection controversée et émaillée de violences, dimanche, d'une Assemblée constituante.
"Les élections illégitimes d'hier confirment que Maduro est un dictateur qui méprise la volonté du peuple vénézuélien", a tonné le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. Un communiqué de son ministère annonce un "gel de tous les avoirs" que possèderait le successeur du président Hugo Chavez aux États-Unis.
"Je n'obéis pas aux ordres impérialistes"
"En prenant des sanctions contre Maduro, les États-Unis affirment clairement (leur) opposition aux politiques conduites par son régime et (leur) soutien au peuple vénézuélien qui cherche le retour pour son pays d'une démocratie pleine, entière et prospère", a ajouté le ministre américain.
"Je n'obéis pas aux ordres impérialistes, je n'obéis pas aux gouvernements étrangers, je suis un président libre", a affirmé quelques heures plus tard Nicolas Maduro dans une allocution télévisée. Selon lui, les décisions du gouvernement américain soulignent "l'impuissance, le désespoir, sa haine" à l'issue du vote de dimanche.
Le président Donald Trump avait estimé il y a quelques semaines que Nicolas Maduro "rêvait d'être un dictateur" et la diplomatie américaine avait dénoncé dimanche un "pas vers la dictature" et "les architectes de l'autoritarisme" au Vénézuela. Il est également extrêmement rare que le gouvernement américain - Trésor et département d'État - prenne des sanctions contre un chef d'État en exercice.

"Atteintes de grande ampleur aux droits de l'Homme"
Outre des sanctions visant le dirigeant vénézuélien - gel des avoirs et interdiction à tout ressortissant américain de commercer avec lui - "quiconque participerait à cette Assemblée constituante illégitime s'exposerait à d'autres sanctions américaines", a mis en garde Steven Mnuchin.
Le Trésor américain a également fustigé le régime Maduro pour ses "atteintes de grande ampleur aux droits de l'Homme (...) une mauvaise gestion de l'économie et (...) une corruption érigée en système".
Les États-Unis ont pris depuis longtemps fait et cause pour l'opposition vénézuélienne et ont imposé la semaine dernière des sanctions contre 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux. Le département d'État avait également ordonné jeudi aux familles de ses diplomates de quitter le pays.
Washington et Caracas, qui n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s'étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l'industrie pétrolière.
Lundi, la procureure dissidente Luisa Ortega, devenue le visage de la contestation au Venezuela, a dénoncé l"ambition dictatoriale" du président et a refusé de reconnaître l'Assemblée constituante élue dimanche dans le sang. Alors que les bureaux de vote étaient surveillés par l'armée, opposants et forces de l'ordre se sont affrontés, hier à Caracas et dans d'autres villes, lors de batailles rangées à coups de balles en caoutchouc ou gaz lacrymogènes contre jets de pierre et cocktails Molotov.
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— B3infos (@B3infos) 30 juillet 2017Avec AFP