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Turquie : la police disperse la Gay Pride à Istanbul

La police turque a fait usage de balles en caoutchouc dimanche pour empêcher des manifestants de participer à la parade de la Gay Pride au centre d'Istanbul, au lendemain d'une interdiction de ce rassemblement décidée par les autorités.

La police turque s'est déployée dimanche 25 juin dans le centre d'Istanbul pour faire respecter l'interdiction de la Gay Pride, empêchant l'accès à une grande rue et dispersant des groupes qui s'étaient rassemblés à proximité.

Des policiers équipés de boucliers anti-émeutes et de casques ont bouclé les entrées de la rue commerçante Istiklal, où les organisateurs comptaient tenir la Marche des fiertés LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexe) avant que les autorités n'annoncent samedi son interdiction en invoquant des raisons de sécurité après des menaces d'un groupe ultra-nationaliste.

De petits groupes de participants se sont malgré tout réunis dans des rues latérales en agitant des drapeaux arc-en-ciel, symboles de la fierté LGTB. La police a tiré des balles en caoutchouc pour disperser un groupe, ont rapporté des témoins, et plusieurs personnes ont été interpellées.

Police attack in Cihangir. #OnurYürüyüşü pic.twitter.com/Dxi1vLkEei

— Nick Ashdown (@Nick_Ashdown) 25 juin 2017

De petits groupes se sont rassemblés sur la place Taksim malgré l'interdiction des autorités, alors que les policiers étaient plus nombreux que les participants. Au moins quatre personnes ont été interpellées.

Avant la manifestation sur la célèbre place Taksim, d'importantes forces de police présentes dans le quartier avaient bouclé plusieurs accès, selon une journaliste de l'AFP.

La Marche des fiertés d'Istanbul avait rassemblé en 2014 des dizaines de milliers de personnes et constituait l'un des principaux événements LGBT au Moyen-Orient. Elle est interdite depuis 2015 lorsque, selon l'association des LGBTI, les autorités avaient mis en cause la coïncidence de l'événement avec le ramadan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses opposants de conduire une islamisation rampante de la société. Ses commentaires conservateurs sur les femmes et la famille suscitent régulièrement les critiques mais il se garde généralement d'évoquer publiquement les questions liées à l'homosexualité. En 2010 toutefois, la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf avait provoqué la colère des défenseurs des droits des homosexuels en qualifiant l'homosexualité de "désordre biologique" et  "maladie" devant être soignée. L'homosexualité n'est pas pénalement réprimée en Turquie, mais l'homophobie y reste largement répandue.

Avec AFP et Reuters

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