
Plusieurs influents patrons de multinationales américaines ont tenté de persuader Donald Trump de ne pas tourner le dos à l'accord de Paris sur le climat. Le président des États-Unis doit rendre sa décision ce jeudi à 21 heures.
Elon Musk, le patron de Tesla, Tim Cook, celui d'Apple, ou encore Darren Woods, le PDG du géant pétrolier Exxon, veulent y croire. Ils font partie de ces dirigeants d'influentes multinationales qui tentent encore, dans la dernière ligne droite, de convaincre Donald Trump de ne pas annuler la participation américaine à l'accord de Paris sur le climat.
Le président des États-Unis doit annoncer sa décision jeudi 1er juin à 21 heures (heure française), alors que son entourage a laissé entendre qu'il se préparait à quittait le giron de cet accord international censé réduire les émissions de gaz carbonique.
L'appel à Trump d'Elon Musk est le plus emblématique. Le dirigeant de Tesla et de Space X a fait savoir sur Twitter qu'il n'aurait pas d'autre choix que de quitter le conseil consultatif économique du président américain si les États-Unis rompent les engagements pris lors de la conférence COP 21 sur le climat à Paris en 2015. La décision d'Elon Musk peu après l'élection de Donald Trump de rejoindre l'équipe de conseillers présidentiel avait été perçu comme une grande victoire pour le nouveau locataire de la Maison Blanche, qui ne compte que peu de relais dans le monde technologique.
Will have no choice but to depart councils in that case
— Elon Musk (@elonmusk) 31 mai 2017En privé, d'autres grands patrons ont cherché à faire pression sur le président des États-Unis. Tim Cook, le très respecté PDG d'Apple, a appelé Donald Trump pour lui signifier son attachement personnel à l'accord de Paris, affirme la chaîne économique Bloomberg. De son côté, le patron d'ExxonMobil, Darren Woods, a envoyé une lettre à Donald Trump pour y souligner son désir de voir les États-Unis rester dans les clous de l'accord climatique signé par Barack Obama. Une prise de position qui compte, d'autant plus que le groupe pétrolier était auparavant dirigée par Rex Tillerson, l'actuel secrétaire d'État américain.
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En parallèle, l'ONG environnementale conservatrice Citizen for Responsible Energy Solution (CRES) a débuté, mercredi 31 mai, une campagne de publicité à la télévision citant les dirigeants d'une dizaine de groupes - JP Morgan, General Electrics, Proctor & Gamble - qui s'opposent à une sortie du pays de l'accord de Paris.
Cette vidéo tente d'emprunter à la rhétorique trumpienne pour le convaincre. Le CRES y affirme qu'il serait contraire aux intérêts de "l'America First" (l'Amérique d'abord) de rompre avec les engagements climatiques. Sortir du cadre de l'accord mettrait les États-Unis à la traîne dans le secteur de l'économie "verte", qui serait un "creuset à emplois sur le sol américain".
Dans le cas de Donald Trump, cet argumentaire économique peut se révéler plus porteur que celui qui insiste sur les dommages environnementaux du réchauffement climatique. Le président américain n'a jamais fait mystère du peu d'importance qu'il accordait à la question climatique. Il a, après tout, nommé Scott Pruitt, un climatosceptique, à la tête de l'Agence américaine de protection de l'environnement.