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La crise n'est pas une simple "parenthèse", selon Nicolas Sarkozy

À Genève, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il est "irresponsable" de croire que la crise économique et financière est une simple "parenthèse", lors d'un mini-sommet sur l'emploi de l'Organisation internationale du travail.

AFP - Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé, lundi à Genève que, face à la crise économique, il fallait "tout revoir", de façon à "reconstruire un système financier" tourné vers les entrepreneurs et non plus les spéculateurs.

Le président Sarkozy s'exprimait lors d'un mini-sommet sur l'emploi de l'Organisation internationale du travail (OIT), auquel participait une dizaine de chefs d'Etat, dont le brésilien Luis Inacio Lula da Silva.

Face à la crise, "on ne règlera rien, si on ne règle pas d'abord la question du capitalisme financier qui impose à l'économie et à la société son propre système et ses propres normes", a affirmé M. Sarkozy.

Selon lui, "les réunions du G20 à Washington et à Londres resteront dans l'histoire comme des étapes décisives, à condition que les engagements qui y ont été pris soient tenus, mais dans beaucoup de domaines, il faudra aller beaucoup plus loin pour reconstruire un système financier qui finance davantage les entrepreneurs que les spéculateurs".

"Il faut tout revoir", a-t-il martelé, énumérant "la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération".

"La crise nous rend de nouveau libre d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible", a-t-il ajouté.

Selon lui, "dans certains milieux, ici-même peut-être, dans certaines administrations, parce que les marchés vont un peu mieux, parce que les spéculateurs se sont remis à spéculer (...) il y a la tentation de réduire la portée de ce qui a été décidé" mais "céder à cette tentation serait une faute historique", a-t-il insisté.

"Je le dis à tous les Chefs d'Etat et de Gouvernement du G20, c'est pour chacun d'entre nous une responsabilité historique (...) de ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier y faire    obstacle", a affirmé le président français.

"Je veux dire au Président des Etats-Unis que l'Amérique doit être la plus ambitieuse parce que c'est sa vocation (...) Je veux dire à tous les Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union européenne que l'Europe doit être exemplaire parce c'est ainsi qu'elle sera la plus fidèle à ses valeurs et qu'elle aura une chance de la faire partager", a-t-il également affirmé.

"La France veillera à ce qu'aucun débat ne soit enterré, à ce qu'aucune question ne soit éludée", a-t-il assuré.

"Regardez le débat sur la taxe Tobin qui est une taxe pour freiner la spéculation. Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je ne sais pas si elle est applicable. Mais qui pourrait comprendre que ce débat soit enterré ?", a-t-il interrogé.

Fin mai, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait évoqué un projet de taxation des transactions financières en faveur du développement. Mais sa collègue à l'Economie, Christine Lagarde, avait répliqué qu'un tel projet n'était "pas à l'étude pour le moment".

Bernard Kouchner "a toujours des idées très généreuses mais on n'a pas expertisé" ce projet, avait alors déclaré la ministre.