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Au Liban, "de nombreuses écoles ne seront pas prêtes à rouvrir en septembre"
À deux mois de la rentrée scolaire, au moins 100 000 enfants pourraient être privés de cours au Liban. Une évaluation menée avec le soutien de l'Unicef recense 340 établissements endommagés ou détruits depuis le début du conflit entre le Hezbollah et Israël le 2 mars et la publication du rapport, le 2 juillet. Marcoluigi Corsi, représentant de l’organisation onusienne à Beyrouth, détaille pour France 24 les défis à relever avant septembre.
Marcoluigi Corsi, représentant de l'Unicef au Liban, en compagnie d'un élève. © Moncef Ait-Kaci, France 24

La guerre déclenchée le 2 mars entre le Hezbollah et Israël a de nouveau bouleversé le secteur de l'éducation. Les frappes et les déplacements de population ont interrompu la scolarité de milliers d'élèves, tandis que de nombreux établissements ont été endommagés ou continuent d'accueillir des familles déplacées. À quelques semaines de la rentrée, leur remise en état est devenue essentielle pour permettre aux enfants de retrouver le chemin de l'école.

Une évaluation nationale menée en juin par le ministère libanais de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, avec le soutien technique de l'Unicef, a recensé 340 établissements scolaires endommagés ou détruits depuis le début de la guerre dont 17 entièrement rasés. Au moins 100 000 enfants risquent de ne pas pouvoir reprendre les cours si les réparations ne sont pas achevées à temps.

Dans ce contexte, France 24 a interrogé Marcoluigi Corsi, représentant de l'Unicef au Liban, sur l'état du système éducatif, les perspectives de réouverture des écoles et les principaux défis à relever avant la reprise des cours.

France 24 : Quel est aujourd'hui l'état de l'éducation au Liban ?

Marcoluigi Corsi : L'éducation des enfants au Liban a été interrompue à de nombreuses reprises par des années de crises, de déplacements et de conflit. Le défi le plus urgent consiste aujourd'hui à garantir à chaque enfant un lieu sûr pour apprendre lorsque la nouvelle année scolaire débutera en septembre.

L'évaluation nationale menée par le ministère de l'Éducation, avec le soutien technique de l'Unicef, montre que 340 établissements ont été endommagés ou détruits, dont 17 entièrement. Sans réparation rapide, au moins 100 000 enfants risquent de ne pas pouvoir retourner en classe.

Les conséquences dépassent largement les dégâts matériels. De nombreuses écoles et instituts techniques continuent de servir d'abris collectifs. L'insécurité, les déplacements, les fermetures d'établissements ainsi que l'accès limité aux appareils numériques et à Internet ont également perturbé l'apprentissage.

Une école n'est pas seulement un bâtiment. C'est un lieu où les enfants apprennent, se sentent en sécurité, retrouvent leurs camarades et commencent à surmonter les épreuves vécues. Leur retour en classe est donc aussi une question de protection, de bien-être et d'avenir.

Les élèves peuvent-ils réellement espérer retrouver leur classe à la rentrée ?

L'Unicef travaille étroitement avec le ministère de l'Éducation pour évaluer toutes les écoles utilisées comme abris collectifs ainsi que celles endommagées pendant la guerre. Ces inspections doivent déterminer quels établissements pourront rouvrir dès la rentrée et quels travaux restent nécessaires.

Chaque école fait l'objet d'une évaluation précise. Les interventions peuvent aller de réparations légères à une réhabilitation structurelle importante, voire à une reconstruction complète.

Compte tenu du nombre d'établissements concernés, des investissements financiers importants et une coordination entre plusieurs partenaires seront indispensables. Nous sommes optimistes quant à la réouverture en septembre de la grande majorité des écoles qui ont servi d'abris. Mais, en raison de l'ampleur des dégâts, de nombreuses écoles ne seront pas prêtes à rouvrir à cette date.

Dans les localités où les établissements ont été détruits ou très lourdement endommagés, l'Unicef et le ministère étudient donc la mise en place d'espaces d'apprentissage alternatifs.

Que faut-il faire maintenant pour éviter qu'une génération d'enfants soit privée d'éducation ?

Il faut agir rapidement sur plusieurs fronts et disposer de financements suffisants. La première priorité est de remettre en état les écoles endommagées et celles qui ont servi d'abris, afin qu'elles puissent de nouveau accueillir leurs élèves. Le coût de ces travaux s'élève à plusieurs millions de dollars.

Dans les zones les plus touchées, des solutions temporaires seront nécessaires lorsque la réhabilitation ou la reconstruction ne pourra pas être achevée avant septembre.

Il faut également aider les enfants à rattraper les apprentissages perdus. Avec le soutien de l'Unicef et d'autres partenaires, le ministère met en œuvre un programme d'été et de remise à niveau afin de consolider les acquis fondamentaux et de préparer la rentrée.

Les priorités des prochains mois sont claires : achever les évaluations et les réparations, installer des solutions provisoires là où elles sont nécessaires et faire parvenir l'aide au rattrapage scolaire aux enfants qui en ont le plus besoin. Cela exigera un financement durable et une coordination étroite entre le ministère, l'Unicef, les autres agences des Nations unies, les bailleurs et les partenaires locaux.