Près de 7 000 habitants de Bruxelles ont défilé dimanche dans les rues de la capitale belge en hommage aux victimes des attentats du 22 mars, qui ont fait 32 morts. Une partie du cortège est passée par le quartier de Molenbeek.
Quelques 7 000 personnes rendaient hommage dimanche 17 avril dans les rues de Bruxelles aux 32 morts des attentats du 22 mars en Belgique, lors d'"une marche contre la terreur et la haine" à l'appel d'un collectif d'organisations citoyennes.
"Quand des concitoyens, civils, sans aucune défense, sont abattus lâchement, c'est tous les citoyens qui doivent se lever pour exprimer leur dégoût et leur solidarité", a déclaré Hassan Bousetta, un élu socialiste de Liège à la tête de l'une des associations organisatrices. "Ce n'est pas une manifestation avec un message politique militant, c'est d'abord un recueillement, un message de compassion envers les victimes et un moment de communion citoyenne", a-t-il ajouté.
La foule semblait néanmoins bien moins nombreuse en début d'après-midi que les 15 000 participants escomptés par les organisateurs, selon les médias belges. Le cortège principal s'est lancé peu après 14 h de la Gare du Nord et devait en rejoindre un autre parti de la commune de Molenbeek, avant de prendre la direction du centre-ville de la capitale. Cette marche devait initialement se tenir le 27 mars, cinq jours après les attentats, mais elle avait été annulée, les autorités craignant alors pour la sécurité des participants.
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"Daech casse-toi, la Belgique n'est pas à toi"
À l'avant de la manifestation, une douzaine de membres d'une association de dialogue interreligieux portaient une grande banderole sur laquelle était écrit "Together in peace" (Tous ensemble pour la paix) avec des dessins de colombes. Les premiers rangs du cortège étaient réservés aux familles des victimes, suivies par les représentants des différentes communautés religieuses.
Des représentants de tous les cultes étaient visibles, en particulier musulmans avec le slogan "L'amour est ma religion et ma foi". Également présent, à titre personnel, le ministre de la Justice Koen Geens, un chrétien-démocrate flamand.
Une partie de ce cortège est passée par le quartier de Molenbeek, d'où sont issus un certain nombre des terroristes des attentats du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles, a expliqué Kattalin Landaburu, correspondante de France 24 à Bruxelles. Dans ce quartier, les associations ont tenu à se mobiliser pour venir gonfler les rangs de cette marche symbolique. "Les jeunes de Molenbeek ont chanté en français puis en flamand : 'Daech casse-toi, la Belgique n'est pas à toi'", a indiqué la journaliste.
Le rassemblement devait se conclure en fin d'après-midi place Fontainas par des prises de parole de proches de victimes, de secouristes et d'employés de l'aéroport de Bruxelles, frappé par un double attentat-suicide.
Les propos chocs de Jan Jambon
La marche survient dans un climat de polémique au lendemain de déclarations controversées du ministre de l'Intérieur, le nationaliste flamand Jan Jambon (N-VA), qui avait affirmé samedi dans le quotidien flamand De Standaard, que la politique d'intégration des étrangers en Belgique avait échoué, y voyant pour preuve le fait qu'"une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l'occasion des attentats".
Dimanche, dans le quotidien belge la Dernière heure, plusieurs élus de l’opposition ont jugé ces propos choquants. Les faits rapportés par le ministre de l’Intérieur ont également été formellement démentis par un fonctionnaire de prévention travaillant pour la cellule anti-radicalisation d'une des communes les plus impactées par le phénomène, qui a gardé l’anonymat. "On n'a vu aucune scène de danse et ce, que ce soit après les attentats de Charlie Hebdo ou du 13 novembre", s'est-il étonné.
Avec AFP