
L'enquête sur la fusillade ayant coûté la vie à 14 personnes en Californie a été requalifiée en "acte de terrorisme" par le FBI. La tireuse qui, avec son mari, a perpétré la tuerie avait fait allégeance au groupe État islamique (EI) sur Facebook.
Le FBI enquête désormais sur "un acte de terrorisme". Ainsi la fusillade ayant coûté la vie à 14 personnes à San Bernardino en Californie a-t-elle été requalifiée par la police fédérale américaine vendredi 4 décembre.
"Nous enquêtons désormais sur ces faits horribles dans l'hypothèse d'un acte terroriste. Nous avons des preuves montrant qu'(ils) avaient fait l'objet d'une minutieuse préparation", a affirmé David Bowdich, un responsable de l'antenne du FBI à Los Angeles.
Le FBI a par là même confirmé que la jeune femme ayant perpétré, avec son mari, la tuerie du 2 décembre, avait fait allégeance au chef autoproclamé de l'organisation jihadiste État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, sur sa page Facebook.
"J'ai connaissance de cette publication [...] nous sommes en train d'élucider cela", a indiqué David Bowdich. "Mark Zuckerberg [le patron de Facebook] a confirmé que cette publication avait été faite, elle a été faite au moment où l'attaque commençait [...] il s'agit bien d'une déclaration d'allégeance".
"Auto-radicalisés"
Le FBI a toutefois précisé qu'il n'éxistait, à ce stade, aucun élément prouvant que les tueurs aient appartenu à un groupe radical particulier.
"À ce stade, nous pensons qu'ils se sont davantage auto-radicalisés et inspirés du groupe qu’ils n’ont été commandés pour commettre la fusillade", avait déjà indiqué, quelques heures plus tôt, une source anonyme au New York Times.
Plus tôt dans la journée, l'information concernant la publication sur Facebook avait été révélée par plusieurs médias américains.
Tashfeen Malik, de nationalité pakistanaise, a publié son texte sur le réseau social "avec un compte qui n'était pas à son nom", a indiqué la chaîne CNN, sans préciser comment les autorités étaient remontées jusqu'à la publication, qui a été effacée depuis.
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Le mercredi 2 décembre, le couple marié était entré dans une salle du centre de soins pour handicapés de San Bernardino, ville de 200 000 habitants à l’est de Los Angeles, avec un véritable arsenal de guerre pour commettre un acte dont les motivations reste indéterminées.
Dans les jours précédant la tuerie, le couple aurait pris soin d'effacer ses traces numériques, ce qui laisse penser aux autorités que l'acte était prémédité.
Plus tôt vendredi, un avocat de la famille de Syed Farook avait décrit comme "ténu" le possible lien de ce dernier avec la mouvance islamiste. Syed Farook "aurait parlé à quelqu'un, qui a parlé à quelqu'un, qui a regardé quelque chose concernant l'EI, c'est tellement ténu, il n'y a vraiment rien là-dedans", avait-il affirmé. Selon un autre avocat de la famille, le tueur "n'a jamais voyagé au Pakistan", dont sont originaires ses parents, mais "il a voyagé en Arabie saoudite", où a aussi vécu sa femme.
Couple sans histoire
Le couple, marié et parent d'un bébé de six mois, avait loué il y a quelques jours le 4x4 noir dans lequel il a tenté d'échapper aux autorités avant d'être tué par la police lors d'un échange de très nombreux tirs, à l'issue d'une course-poursuite qui a donné à San Bernardino des airs de zone de guerre.
L'homme et la femme, âgés respectivement de 28 et 27 ans, semblaient pourtant vivre le "rêve américain" et avaient une petite fille de six mois qu'ils avaient confiée à la mère de Syed Farook en début de journée, au prétexte d'un rendez-vous médical, a indiqué un beau-frère du jeune homme.
Farook avait travaillé comme expert sanitaire pour les services de santé de San Bernardino. Ce sont ses anciens collègues qui étaient réunis mardi pour ce déjeuner festif durant lequel une dispute a éclaté, à la suite de laquelle Syed Farook aurait quitté les lieux, pour revenir plus tard avec son épouse perpétrer le massacre.
Avec AFP