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La police turque réprimande violemment la Gay Pride d'Istanbul

Une violente répression policière a eu lieu ce dimanche à Istanbul dans le cadre de la Gay Pride de la capitale. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les milliers de manifestants.

Était-ce la Gay Pride en elle-même ou bien les slogans des manifestants dénonçant "le fascisme" du régime du président turc islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, qu’ont cherché à réprimer les policiers anti-émeutes dimanche 28 juin à Istanbul ?

C’est en tous cas, lorsque les slogans ont commencé à fuser à travers la foule munie de drapeaux arc-en-ciel que la police, présente en nombre à l'entrée de la grande artère piétonne d'Istiklal, a chargé en force les manifestants, utilisant des gaz lacrymogènes et des canons à eau, ainsi que, par endroits, des balles en caoutchouc.

Avant le lancement de la marche, de nombreux policiers en tenue ont fermé l'accès à la place Taksim, sur laquelle s'ouvre la rue d'Istiklal, centre de la contestation contre le régime islamo-conservateur de l'été 2013. Depuis cette date, tout rassemblement est interdit sur la place et ses abords.

>> À voir sur France 24 : "En images : la révolte de la place Taksim, un Mai-68 turc"

Pourtant cette marche devait constituer la 13e édition de la marche des fiertés homosexuelles pour soutenir les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) qui s'étaient dans le passé déroulées sans incidents graves en Turquie, où l'homophobie reste répandue, surtout dans les zones rurales.

"C’est tout simplement une honte"

Des députés de l'opposition social-démocrate au Parlement qui assistaient au début de la marche ont voulu négocier avec la police et l'un d'eux, Mahmut Tanal, du parti républicain du peuple (CHP) est monté sur un véhicule blindé de la police, selon les images diffusés par les médias.

De nombreux internautes ont fait part de leur indignation après la dispersion de la marche. "Attaquer des gens qui défilent pour soutenir l'amour n'a pas de place dans la démocratie. C'est tout simplement une honte", a lancé sur son compte Twitter Erdem Yener, un comédien connu de Turquie.

Un groupe de civils, apparemment des nationalistes et islamistes qui s'étaient réunis près d'Istiklal, là où devait avoir lieu la marche, ont attaqué les journalistes couvrant l'événement, blessant légèrement plusieurs d'entre-eux dont un photographe de l'AFP. La police n'a pas bronché à cette agression, selon les témoins et les médias.

Une vidéaste de l'AFP a, quant à elle, été brutalisée par la police alors qu'elle filmait son intervention musclée. Au moins cinq manifestants ont été interpellés par la police.

Avec AFP