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La Turquie commémore un autre centenaire: les Dardanelles

Alors que de nombreux hommes d'État commémorent vendredi le centenaire du génocide des Arméniens, la Turquie, qui nie ce massacre, organise le même jour les célébrations du centenaire de la bataille des Dardanelles.

La Turquie du président Recep Tayyip Erdogan fête en grande pompe, vendredi 24 avril, le 100e anniversaire de la bataille des Dardanelles (25 avril 1915 - 9 janvier 1916) - également appelée bataille de Gallipoli -, une célébration vouée à la réconciliation mais polluée par la polémique sur un autre centenaire, celui du génocide des Arméniens.

Une vingtaine de dirigeants du monde entier, ex-belligérants ou simples voisins, ont répondu à l'invitation d'Ankara pour honorer à partir de 11 h GMT le souvenir des soldats de l'Empire ottoman, de l'Empire britannique et de France tombés pendant cet épisode meurtrier de la Première Guerre mondiale.

>> À voir sur France 24 : "En direct : l'Arménie commémore le centenaire du génocide de 1915"

En haut de l'affiche de ce grand raout prévu dans l'après-midi, sur les rives du détroit des Dardanelles, figurent le prince Charles, héritier de la Couronne britannique, et les Premiers ministres d'Australie et de Nouvelle-Zélande.

Jeudi soir, les responsables islamo-conservateurs turcs avaient donné devant leurs hôtes, réunis à Istanbul, le "la" des cérémonies qui doivent être tout entières tournées vers la paix et la réconciliation.

Un message de paix brouillé par la position d'Ankara sur le génocide

"Tous les soldats ayant participé à cette bataille méritent d'être commémorés avec respect et bravoure", a lancé le chef de l'État Recep Tayyip Erdogan. "Nous avons fait la guerre il y a 100 ans, mais nous voici ici réunis pour bâtir ensemble la paix en rejetant la rhétorique de la haine", a renchéri son Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Mais le message de paix des dirigeants turcs est sérieusement brouillé par les critiques que lui vaut son refus de reconnaître le génocide des Arméniens.

De nombreux autres chefs d'État et de gouvernement, dont les présidents russe Vladimir Poutine et français François Hollande, ont ainsi boudé l'invitation de la Turquie et préféré Erevan pour rendre hommage aux centaines de milliers d'Arméniens massacrés par l'Empire ottoman à partir du 24 avril 1915.

Avec AFP