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Offensive au Yémen : nouvelles frappes aériennes contre les rebelles houthis

La coalition menée par l'Arabie saoudite a lancé jeudi soir de nouvelles frappes au Yémen contre les milices des Houhtis. Selon des témoins, la capitale Sanaa a été visée, mais aussi une base militaire proche de Taëz.

La coalition menée par l'Arabie saoudite poursuit son offensive baptisée "Tempête décisive" au Yémen contre les milices des Houthis. De nouvelles frappes aériennes ont notamment visé, jeudi 26 mars au soir, des bases militaires tenues par les rebelles chiites dans la capitale Sanaa et dans la ville de Taëz. Outre les pays du Golfe, hormis le sultanat d’Oman, l'opération mobilise également l'Égypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc, selon Riyad.

Frappes contre les bases tenues par les Houthis

De fortes explosions ont secoué en soirée la capitale Sanaa. Un correspondant de l'AFP a fait état de tirs de la défense anti-aérienne en réponse à ce que des témoins ont décrit comme des frappes de la coalition contre une base à l'entrée ouest de Sanaa, tenue par les Houthis. Certains habitants de la capitale ont décidé de fuir, par craintes de nouveaux raids. "Je m'en vais avec ma famille" car "Sanaa n'est plus sûre", a témoigné Mohamed.

Selon un ministre yéménite, l'offensive a fait au moins 39 morts depuis son lancement.

De nouvelles frappes ont également visé une base militaire près de Taëz, la troisième ville du pays, sur la route entre la capitale Sanaa et Aden, dans le sud, selon des sources officielles et des témoins. Un autre raid a visé une base des forces spéciales alliées aux Houthis à Qatabah, à 120 km au nord d'Aden, d'après des habitants du secteur.

Les rebelles chiites et leurs alliés tentent de progresser pour étendre leur zone d'influence dans le sud du pays, où la base aérienne d'Al-Anad a été la cible de deux raids aériens, selon des sources militaires. Elle avait été prise par les rebelles mercredi.

Les premiers raids, qualifiés de "succès" par Riyad, ont notamment permis de "détruire les défenses aériennes des rebelles houthis, (et) la base aérienne Al-Daïlami attenante à l'aéroport de Sanaa", selon l'agence de presse saoudienne.

L'opération militaire a été déclenchée dans la nuit de mercredi à jeudi par des frappes saoudiennes sur différentes positions des Houthis. Elle fait suite à plusieurs appels à l'aide émanant du gouvernement yéménite, incapable de faire face à l'avancée des rebelles et "vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical houthi de prendre le contrôle du pays", selon les termes de l'ambassadeur saoudien aux États-Unis, Adel al-Jubeir.

L'Iran condamne une agression militaire

Le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, condamnant une "invasion", a averti que les "Yéménites ne vont pas rester sans réagir". L'Iran a mis en garde contre une propagation du conflit, son président Hassan Rohani condamnant une "agression" militaire.

En pleines négociations sur le nucléaire avec Téhéran, les États-Unis ont apporté leur soutien à l'intervention, sans toutefois y participer directement. La Maison Blanche s'est déclarée inquiète des "activités iraniennes" au Yémen, parlant d'informations sur "le transfert iranien d'armes" dans ce pays.

Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a fui Aden et est arrivé jeudi à Riyad, selon l'agence officielle SPA, en route pour participer au sommet annuel arabe qui s'ouvrira samedi en Égypte.

À Londres et New York, l'intervention militaire au Yémen a entraîné une hausse des cours du pétrole. Les marchés ont réagi avec inquiétude à l'entrée en guerre du principal exportateur mondial de pétrole, l'Arabie saoudite, et aux répercussions possibles du conflit sur le contrôle du détroit de Bab al-Mandeb, qui voit passer près de trois millions de barils de brut par jour.

La crise au Yémen s'est envenimée depuis septembre 2014, quand les Houthis ont déferlé sur Sanaa pour y contester le pouvoir de Mansour Hadi et dénoncer un projet de Constitution sur un État fédéral, qui priverait son fief dans le Nord d'un accès à la mer.

Pour les experts, le Yémen est le théâtre d'une guerre par procuration entre l'Iran chiite et le royaume saoudien sunnite, qui risque d'aboutir à une désintégration du pays.

À cela s'ajoute la poursuite d'attaques d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) et pour ajouter au chaos, l'organisation de l'État islamique a récemment revendiqué des attentats-suicide ayant fait 140 morts à Sanaa.