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Les pro-russes de l’est de l’Ukraine organisent, ce dimanche, des élections destinées à asseoir leur indépendance vis-à-vis de Kiev. À l'approche de ces scrutins, jugés "illégitimes" par les Occidentaux, la région connaît un regain de violences.
Une semaine après les législatives ukrainiennes anticipées remportées par les pro-occidentaux, les républiques autoproclamés de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR) organisent, dimanche 2 novembre, des élections pour désigner un président et constituer un Parlement. Des scrutins qui risquent de sceller la perte par l'Ukraine de ces territoires pro-russes et compliquer le fragile processus de paix lancé en septembre.
it"Ces élections vont donner une légitimité à notre pouvoir et vont nous éloigner encore un peu plus de Kiev", a assuré, vendredi, à l’AFP Roman Liaguine, chef de la commission électorale mise en place pour ce vote par la DNR. "Nous allons voter contre Kiev, contre les fascistes", lançait, samedi, veille du vote, une habitante de Donetsk interrogée par l’AFP. Mais l'enthousiasme n’est pas partout au rendez-vous dans la ville. "Je ne vais pas voter. Cela ne changera rien", déplorait une institutrice à la retraite.
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Le scrutin annonce effectivement peu de surprises. Dans la DNR, la victoire de son "Premier ministre" Alexandre Zakhartchenko ne fait guère de doute. Dans la "République populaire de Lougansk" (LNR), le "président" Igor Plotnitski devrait être confirmé dans ses fonctions. De fait, tous les candidats défendent la même ligne : indépendance vis-à-vis de l'Ukraine et rapprochement avec la Russie.
Le nombre de votants demeure toutefois incertain. Sur les quelque cinq millions d'électeurs inscrits sur les listes électorales ukrainiennes avant le conflit, nombreux sont ceux qui ont quitté la région en raison des combats. Pour leur part, les autorités autoproclamées de la DNR ont annoncé que près de trois millions de bulletins avaient été imprimés et que 34 000 personnes avaient déjà voté via Internet.
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Les Occidentaux multiplient les mises en garde
La Russie, accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les séparatistes, a annoncé cette semaine qu'elle allait reconnaître les résultats de ce vote, qui ne sera observé par aucune organisation internationale. Une déclaration qui a été vivement critiquée par l’Union européenne et les États-Unis.
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"Nous déplorons l'intention des séparatistes dans certaines parties de l'est de l'Ukraine d'organiser dimanche de soi-disant ‘élections’ illégitimes", a affirmé, vendredi, Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. À l'instar de la France, de l'Allemagne et de l'Ukraine, "les États-Unis ne reconnaîtront pas les résultats" de ces scrutins qui, s'ils ont lieu, "violeraient la Constitution et les lois de l'Ukraine, ainsi que l'accord de cessez-le-feu du 5 septembre à Minsk", a-t-elle averti dans un communiqué.
Dans un entretien téléphonique, la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, François Hollande, et le président ukrainien, Petro Porochenko, ont appelé Vladimir Poutine à ne pas reconnaître ce vote.
Sur le terrain, la situation demeure très tendue. Malgré l’instauration d’un cessez-le-feu en septembre, les abords de l’aéroport de Donetsk ont été le théâtre, vendredi, de nombreux tirs d'artillerie et de mortier. En seulement 24 heures, six soldats ukrainiens ont été tués et dix autres blessés dans l’est du pays. Selon l’ONU, le conflit meurtrier qui oppose les séparatistes aux forces ukrainiennes depuis que Donetsk et Lougansk ont unilatéralement proclamé leur indépendance en avril dernier a fait 4 000 morts, dont 300 ces 10 derniers jours.
Avec AFP