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Livni invite Olmert à quitter ses fonctions sur-le-champ

Au lendemain de l'annonce de l'inculpation d'Ehud Olmert pour corruption, la chef du parti Kadima, Tzipi Livni, ainsi que des députés ont demandé que le Premier ministre israélien, démissionnaire, prenne congé immédiatement.

La chef du parti au pouvoir en Israël Tzipi Livni et des députés ont appelé jeudi le Premier ministre sortant Ehud Olmert à quitter immédiatement ses fonctions, au lendemain de l'annonce de son inculpation prévue pour corruption.

"Le Premier ministre doit se mettre en congé, il n'y a pas d'autre option", a déclaré Mme Livni devant les députés du parti Kadima réunis à Pitakh Tikva, près de Tel-Aviv.

"Le citoyen Ehud Olmert doit mener la bataille pour prouver son innocence depuis sa maison et non pas en étant dans son fauteuil de Premier ministre", a ajouté la ministre des Affaires étrangères, qui a remplacé Ehud Olmert à la tête du Kadima le 17 septembre.

Elle a ainsi joint sa voix à celles de plusieurs députés qui pressent M. Olmert de renoncer immédiatement à ses fonctions sans attendre les élections prévues le 10 février.

"Le Premier ministre doit se battre pour faire valoir son innocence mais il doit partir", a déclaré le député Itzhak Ben Israël, également du Kadima.

M. Olmert, mis en cause dans des affaires de corruption, a démissionné le 21 septembre mais dirige depuis un gouvernement de transition censé rester en place jusqu'aux législatives anticipées du 10 février.

Le Procureur général Menahem Mazouz a annoncé mercredi avoir informé Ehud Olmert qu'il envisageait "d'engager des poursuites pénales contre lui pour divers délits" dans le cadre de l'une de ces affaires, celle dite de "Rishon Tours".

Dans ce dossier, M. Olmert est soupçonné d'avoir financé --à l'époque où il était maire de Jérusalem (1993-2003), puis ministre du Commerce et de l'Industrie (jusqu'en 2006)-- des voyages à l'étranger en présentant séparément des factures à plusieurs organisations de bienfaisance pour un seul et même voyage. Certains vols seraient même fictifs.

Pour le député travailliste Ophir Pines Paz, "c'est un jour tragique pour l'Etat d'Israël. Olmert doit immédiatement se retirer comme il avait promis de le faire. Il n'est pas acceptable qu'une personne accusée de crime contre l'Etat continue d'occuper le poste de Premier ministre".

Un responsable du Kadima proche de Tzipi Livni, cité par le journal Maariv (centre-droit), souligne que M. Olmert "cause un dommage irréparable" à son parti.

Mme Livni a décidé d'axer sa campagne électorale sur l'image d'un parti non corrompu, adepte d'une politique propre, et la possible inculpation de M. Olmert constitue un handicap majeur.

"Si Olmert voulait aider Tzipi Livni et Kadima, il devrait mettre la clé sous la porte et partir. Mais, justement, Olmert n'a pas tellement de raisons de vouloir aider Livni", écrit le Maariv dans un éditorial.

Le quotidien Haaretz (gauche) a la même analyse: "Si le Premier ministre voulait aider son parti et son successeur Tzipi Livni, il annoncerait aujourd'hui qu'il n'est plus en mesure de rester en fonctions et qu'il démissionne de la Knesset, permettant à Livni de prendre sa place de Premier ministre jusqu'aux élections".

Mais M. Olmert a indiqué ne pas avoir l'intention de renoncer à ses fonctions pour le moment.

Le Premier ministre "a déjà démissionné de son poste. Dans ces circonstances, il n'y a aucune raison juridique pour annoncer une suspension supplémentaire immédiate de ses fonctions", selon un communiqué de son bureau.

D'après plusieurs juristes interrogés par les médias israéliens, la loi ne contraint pas le Premier ministre à partir à ce stade.

Ehud Olmert est également éclaboussé par d'autres affaires de corruption. Il est notamment soupçonné d'avoir reçu d'importantes sommes d'argent en liquide d'un homme d'affaires juif américain, Morris Talansky, avant de devenir Premier ministre.