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L'écotaxe suspendue jusqu'à la remise à plat de la fiscalité

Le ministre de l'Environnement Philippe Martin a annoncé, mardi, que la controversée écotaxe était désormais suspendue jusqu'à la remise à plat de la fiscalité globale souhaitée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Il est urgent d'attendre 2015. Le ministre de l'Environnement, Philippe Martin, a annoncé, mardi 19 novembre, que l'application de la controversée écotaxe était repoussée à la mise en place d'une grande réforme de la fiscalité prévue pour le budget 2015.

Il reprend ainsi au bond, la volonté exprimée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans une interview accordée mardi 19 novembre au quotidien économique "Les Échos" de lancer "dans les prochains jours" une consultation des partenaires sociaux afin d'aboutir à une "remise à plat de la fiscalité" dans les deux ans.

Le report de l'application de l'écotaxe, prévue initialement pour 2014, apparaît comme une concession du gouvernement aux agriculteurs bretons. Ils manifestent depuis des semaines contre cet impôt qui toucherait les poids lourds pollueurs. Philippe Martin a, cependant, précisé qu'il ne s'agissait pas de l'enterrement d'une mesure qui correspond "à un principe pertinent".

"Manque de lisibilité"

Il reconnaît cependant qu'il "vaut mieux prendre le temps de l’explication plutôt que de l’imposer" surtout si elle "arrive au mauvais moment et qu'elle est mal comprise". Une allusion à la situation explosive en Bretagne où l'instauration d'une nouvelle taxe est perçue par les opposants à l'écotaxe comme la goutte de trop dans l'océan des problèmes économiques qui frappent, actuellement, cette région.

Reste que le lien fait par Philippe Martin entre l'écotaxe et une réforme de la fiscalité en France est loin d'avoir rassuré le mouvement des "bonnets rouges" qui se présentent comme le fer de lance de l'opposition à cette mesure. "C'est inquiétant parce que durant toute cette période (...) les investisseurs ne sauront pas s'ils devront ou pas faire face à un dispositif qui amènera à ce que les routes soient payantes ou non en Bretagne", a précisé à l'AFP Christian Troadec, porte-parole des "bonnets rouges".

Loin de calmer la grogne, ce militant estime que ce report reflète un "manque de lisibilité et de visibilité (...) qui ne peut que conforter la mobilisation".

Avec AFP