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Michelle Bachelet largement en tête, mais contrainte à un second tour

La grande favorite de l'élection présidentielle au Chili, Michelle Bachelet, est arrivée, dimanche, largement en tête du premier tour du scrutin. Elle affrontera sa rivale de droite, Evelyn Matthei, lors d'un second tour le 15 décembre.

Michelle Bachelet est en passe de retrouver La Moneda, le siège de la présidence chilienne qu'elle a déjà occupé entre 2006 et 2010. La candidate social-démocrate a en effet largement remporté, dimanche 17 novembre, le premier tour de l'élection présidentielle avec 46,74 % des voix, d'après les résultats quasi définitifs de la commission électorale portant sur 95 % des bulletins de vote.

Elle sera opposée au second tour, le 15 décembre, à Evelyn Matthei, candidate de la coalition de droite sortante Alianza. La première femme investie par la droite chilienne pour une élection présidentielle est arrivée en deuxième position avec un score de 25,02 %. La participation des quelque 13,5 millions d'électeurs chiliens a été estimée à 56 % par le président Sebastian Pinera, mais les chiffres officiels ne seront pas connus avant lundi.
"Très près du but"
Michelle Bachelet a souligné que son camp "savait que le défi de gagner au premier tour était complexe". "Nous avons fait un grand effort, et nous avons été très près du but", a-t-elle lancé à ses partisans réunis dans le centre de Santiago. "Nous avons gagné ce soir, et nous allons travailler pour obtenir une victoire décisive et écrasante en décembre", a-t-elle ajouté.
Le second tour devrait être une formalité pour la candidate de Nueva Mayoria (Nouvelle majorité), une coalition allant des communistes aux chrétiens démocrates. À 62 ans, Michelle Bachelet, médecin de formation, était la grande favorite du scrutin, certains instituts de sondage la pensaient même en mesure d'être élue dès le premier tour, ce qui aurait été une première depuis l'élection du chrétien démocrate Eduardo Frei en 1993.
Interdite, conformément à la Constitution, de briguer un second mandat consécutif en 2010, elle est revenue à la vie politique chilienne, après avoir dirigé Onu-Femmes, l'organisme des Nations unies pour l'égalité des sexes.
Réduire les inégalités
Au cours de sa campagne, elle a promis de réduire les inégalités : elle s'est notamment engagée à réformer le système éducatif en y instaurant davantage de gratuité, financée par un relèvement de l'impôt sur les sociétés [qu'elle porterait de 20 à 25 %] et la suppression de dispositifs d'optimisation fiscale. Michelle Bachelet a également annoncé sa volonté de réformer la Constitution, héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), et de dépénaliser l'avortement en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère ou de l'enfant à naître.
La mise en œuvre de ces projets dépendra en grande partie du rapport de force au Congrès. Dimanche, les Chiliens étaient également appelés à renouveler les 120 sièges de la Chambre des députés, et 20 des 38 sièges du Sénat. D'après des résultats encore provisoires, la coalition Nueva Mayoria s'oriente vers une majorité simple dans les deux chambres 67 députés et de 21 sénateurs.

Avec dépêches