
Des personnes en deuil prient devant les corps à l'hôpital Nasser de Khan Younès, dimanche 15 février 2025. © Bashar Taleb, AFP
La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé que des frappes israéliennes avaient fait 12 morts dimanche à travers le territoire, où l'armée israélienne a affirmé avoir riposté à une "violation flagrante" du cessez-le-feu.
Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas s'accusent mutuellement de violer ce cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre après deux ans de guerre.
Selon la Défense civile, une organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas, une des frappes israéliennes a visé une tente abritant des déplacés dans le secteur de Jabalia, dans le nord de Gaza, faisant cinq morts.
Une autre frappe a fait cinq morts à Khan Younès, dans le sud, et deux autres personnes ont été tuées à Gaza-ville et Beit Lahia (nord), selon cette source.
Les hôpitaux al-Chifa de Gaza-ville et Nasser à Khan Younès, ont confirmé avoir reçu sept corps.
"Israël ne comprend pas ce qu'est un cessez-le-feu ou une trêve. Nous vivons sous une trêve depuis des mois mais ils nous frappent, ils disent une chose et en font une autre", a déclaré à l'AFP Ossama Abou Askar, dont le neveu a été tué.
D'après lui, quatre civils ont été tués à l'aube dans le camp de réfugiés de Jabalia "pendant qu'ils dormaient dans la rue".
À Khan Younès, des dizaines de Palestiniens se sont rassemblés à l'hôpital Nasser pour veiller leurs proches tués, dont les corps étaient enveloppés dans des linceuls blancs, selon des images tournées par l'AFP.
"Installations souterraines"
L'armée israélienne a affirmé avoir mené des frappes après avoir identifié "plusieurs terroristes armés qui s'abritaient sous des décombres", "probablement après être sortis d'installations souterraines", dans le secteur de Beit Hanoun (nord).
L'armée, qui a dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu, a précisé que ces hommes avaient traversé la Ligne jaune, délimitant la zone qu'elle occupe encore depuis le début du cessez-le-feu.
"Viser des déplacés dans leurs tentes est une grave violation de l'accord de cessez-le-feu", a dénoncé le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.
Bien que les échanges de tirs se poursuivent quotidiennement dans le territoire, les États-Unis avaient annoncé à la mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan du président Donald Trump, visant à mettre fin définitivement à la guerre.
Elle prévoit un retrait progressif israélien de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
L'armée contrôle toujours plus de la moitié du territoire tandis que le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, refuse catégoriquement de déposer les armes aux conditions posées par Israël.
Un total de 601 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a fait état de quatre soldats tués.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations et bilans des différentes parties.
Après plus de quatre mois de trêve, le territoire reste plongé dans une crise humanitaire majeure.
L'ONG Médecins sans frontières (MSF) avait décidé de suspendre fin janvier ses activités non essentielles à l'hôpital Nasser, l'un des plus importants du territoire, après que des patients et des membres du personnel y ont constaté la présence d'"hommes armés, certains masqués".
MSF a indiqué dimanche à l'AFP ne pas avoir identifié ces hommes, tandis qu'Israël a de nouveau accusé le Hamas d'utiliser l'établissement à des fins militaires.
"Après bien trop longtemps, MSF a fini par reconnaître ce qu'Israël affirme depuis toujours: le Hamas utilise l'hôpital Nasser comme base terroriste", a affirmé le Cogat, un organisme du ministère de la Défense.
Le Hamas a toujours rejeté ces accusations.
Avec AFP
