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Mort de Quentin à Lyon : le parquet cherche les "auteurs directs" de l’agression
Après la mort de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans agressé jeudi en marge d’une manifestation à Sciences Po Lyon, le parquet a annoncé avoir recueilli "plusieurs témoignages significatifs" et concentrer désormais l’enquête sur l’identification des auteurs des violences. L’affaire a déclenché une vive polémique politique au niveau national.

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Des manifestants se tiennent derrière une banderole sur laquelle on peut lire "Antifa assassins, justice pour Quentin" lors d'un rassemblement organisé à Paris le 15 février 2026, après le passage à tabac mortel de Quentin, un jeune homme de 23 ans, à Lyon. © Alain Jocard, AFP
02:03

Le parquet de Lyon a indiqué dimanche chercher à identifier les "auteurs directs" de l'agression mortelle du jeune militant Quentin, disant avoir pu recueillir "plusieurs témoignages significatifs".

"Les services de police ont recueilli plusieurs témoignages significatifs. L'enquête s'oriente à présent sur l'identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles", annonce le parquet dans un communiqué. Le procureur de Lyon tiendra un point presse lundi à 15 h 00.

Le parquet avait auparavant indiqué avoir ouvert une enquête du chef de coups mortels aggravés et de violences aggravées après la mort de l'étudiant Quentin Deranque, âgé de 23 ans. Ces violences sont aggravées par les circonstances de réunion, d'usage d'arme, et de dissimulation du visage des auteurs des faits.

Selon le collectif identitaire Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin aurait été agressé jeudi soir par des militants antifascistes, alors qu'il faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

Il avait été pris en charge en début de soirée par les secours et placé dans le coma avec un pronostic vital engagé. Il est décédé samedi.

Selon l'avocat de la famille, Me Fabien Rajon, Quentin a été victime d'un "crime", d'"un guet-apens méthodiquement préparé".

Une tempête politique

L'affaire a provoqué une tempête politique avec notamment une forte pression exercée sur La France insoumise, accusée d'avoir nourri la "violence politique" à l'origine de l'agression.

"C'est manifestement l'ultragauche qui a tué" le jeune Quentin, a déclaré le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Le président Emmanuel Macron, après avoir lancé samedi un appel "au calme, à la retenue et au respect", et souhaité que soient condamnés "les auteurs de cette ignominie", a dénoncé dimanche les "expressions antisémites" d'un parti selon lui "à l'extrême gauche".

"Tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n'ont aucun rapport avec la réalité", a répliqué depuis Montpellier le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a également exprimé la "sidération", l'"empathie" et la "compassion" des Insoumis après l'agression du jeune homme.

La présence supposée de membres du groupe se revendiquant antifasciste la Jeune Garde - fondé par le député LFI Raphaël Arnault - parmi ses agresseurs a été pointée dans les rangs de l'extrême droite sans que le parquet n'ait établi pour sa part un tel lien à ce stade.

La Jeune Garde "ne saurait être tenue pour responsable" de la mort de Quentin à Lyon, "ayant suspendu toutes ses activités", a-t-elle assuré dimanche dans un communiqué.

Mis en cause sur les réseaux sociaux, l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, a indiqué dimanche via son avocat Me Bertrand Sayn qu'il "dément formellement être responsable de ce drame". Il s'est également déclaré "menacé de mort par l'extrême droite dans tout le pays et en Europe".

Un rassemblement devant la Sorbonne

Plusieurs dizaines de personnes se sont par ailleurs rassemblées dimanche après-midi devant l'université de la Sorbonne à Paris pour demander "justice pour Quentin" parmi lesquels des élus et cadres du Rassemblement national, et des personnalités d'extrême droite, dont Marion Maréchal et Éric Zemmour.

Plusieurs des candidats au scrutin municipal de Lyon ont fait part de leur émotion à l'annonce de la mort du jeune homme et indiqué qu'ils suspendaient leur campagne électorale.

"J'étais vers chez moi, au bout de la rue, j'entends des cris, ça se frappait avec des barres en fer, etc. Quand je suis venu sur place, j'ai vu des individus en sang", a relaté dimanche pour l'AFP un témoin de l'agression, qui s'est présenté sous le seul prénom de Adem. "D'où j'étais, si on entendait les cris jusque là, c'est que c'était vraiment violent", a-t-il ajouté.

Une vidéo présumée de l'agression diffusée par TF1, filmée depuis un immeuble, montre une dizaine de personnes portant des coups à trois personnes gisant à terre, dont deux parviennent à s'échapper.

A l'église Saint-Georges, que fréquentait le jeune homme et où il était bénévole pour des oeuvres caritatives, le recteur Laurent Spriet a appelé dimanche à "prier pour le repos de l'âme de Quentin" et à "laisser faire la police et la justice".

Avec AFP