logo

L'immigration, épineux débat au sommet européen

Alors que 700 migrants à la dérive ont encore été secourus dans le canal de Sicile, dans la nuit de jeudi à vendredi, les dirigeants européens se réunissent vendredi à Bruxelles pour soulever l'épineuse question de l'immigration.

Près de 700 réfugiés ont été secourus dans le canal de Sicile dans la nuit de jeudi à vendredi, ont annoncé les autorités italiennes, alors que le sommet de l'Union européenne à Bruxelles se penche, vendredi 25 octobre, sur l'immigration clandestine.

Au moins cinq opérations différentes de sauvetage ont permis de secourir les migrants, parmi lesquels des femmes et des enfants, a indiqué la marine militaire italienne. Le patrouilleur "Cigala Fulgosi" a d'abord secouru un groupe de 99 personnes qui se trouvait sur une embarcation à la dérive, à environ 185 km au sud de la petite île de Lampedusa. La corvette militaire "Chimera" a, quant à elle, secouru un autre groupe de 219 migrants.
Trois embarcations des garde-côtes italiens ont par ailleurs secouru un total d'environ 300 immigrés, qui se trouvaient à bord de deux embarcations distinctes, tandis qu'un cargo, battant pavillon maltais, le "Zaffiri", a secouru un dernier groupe composé de 90 migrants, à environ 200 km au sud de Lampedusa, selon un communiqué des garde-côtes.
L’UE se concerte pour éviter une nouvelle tragédie
Ces sauvetages interviennent, alors que le sommet de l'UE entame, vendredi à Bruxelles, un débat sur l'immigration clandestine et la manière de la gérer. Ce sommet tend à éviter que ne se reproduisent des drames comme ceux qui ont fait, dans la première moitié d'octobre, plus de 400 morts lors de deux naufrages au large de Lampedusa.
La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a affirmé, que "la tragédie de Lampedusa ne doit pas se renouveler". "Ce n'est pas seulement un problème du sud de l'Europe, c'est un problème européen". Pour autant, les dirigeants européens sont divisés sur les solutions à apporter.
Le projet de conclusion préparé pour le sommet insiste sur les principes de la solidarité, mais renvoie les propositions concrètes à décembre prochain. Et l'épineuse question de l'asile, qui divise les pays du nord de l'Europe et ceux du sud, est renvoyée à juin 2014, après les élections européennes.
Les traités européens prévoient le partage des responsabilités, y compris financières, pour les affaires intérieures. Mais les pays du Nord refusent tout partage du fardeau. Le traitement des demandes d'asile incombe aux autorités du pays d'arrivée, et 24 des 28 membres de l'UE refusent obstinément de modifier ou d'assouplir cette règle.
"Ne nous décevez pas"
"Ne nous décevez pas", avait lancé jeudi la maire de Lampedusa, Giusi Nicolini. Petite île de 6 000 habitants située en plein milieu de la Méditerranée, Lampedusa est la première porte de l'UE. Depuis le début de l'année, 13 000 migrants et demandeurs d'asile ont débarqué sur cette terre à bord de 140 navires.
L'UE propose deux actions : relancer le dialogue avec les pays de départ et de transit des migrants. Or cette tâche est impossible avec la Libye, en raison du chaos politique, a relevé la commissaire en charge des affaires intérieures, Cecilia Malmström.
Les Européens s'engagent aussi à renforcer les moyens de Frontex, l'agence chargée de gérer la coopération aux frontières extérieures de l'UE, et du bureau européen d'appui en matière d'asile. Un groupe de travail s'est réuni cette semaine pour identifier les moyens et les fonds nécessaires. Il doit rendre un rapport avec des "propositions concrètes" pour la réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE des 5 et 6 décembre.

Avec dépêches