
En Autriche, les législatives, qui se tiennent ce dimanche, menacent la coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs au pouvoir : bien que majoritaires, ces deux partis sont bousculés par les bons pronostics pour l'extrême droite et les Verts.
Quelque 6,4 millions d’Autrichiens votent dimanche 29 septembre pour élire les 183 députés de leur Conseil national, la chambre basse du Parlement. La coalition au pouvoir, composée des sociaux-démocrates du SPÖ et des conservateurs de l’ÖVP, devrait à nouveau être élue pour cinq ans, selon les derniers sondages qui la crédite d’environ 50 % des suffrages (28 % pour le SPÖ et 22-23 % pour l’ÖVP).
Mais, bousculés sur leur gauche par les Verts et sur leur droite par deux partis eurosceptiques, les deux grandes formations du centre devraient pourtant récolter le plus mauvais score de leur histoire. Elles pourraient même êtres forcées à composer avec un troisième parti. Malgré un bilan économique favorable, les deux alliés traditionnels paient le prix de nombreux scandales de corruption et de querelles internes qui ont empêché le vote de certaines réformes, comme celle de l’éducation.
L'euroscepticisme en force
L’extrême-droite, représentée par le FPÖ (Parti de la Liberté) est elle créditée de 20 % des intentions de vote. La formation prône l’éclatement de la zone euro et promet d'améliorer les retraites, d'instaurer un salaire minimum, tout en dénonçant le sauvetage financier des pays du sud de l'Europe. Les militants du FPÖ vouent à leur chef, Heinz-Christian Strache, un culte de la personnalité. "Aimez votre prochain. Pour moi, cela signifie nos Autrichiens", clament les affiches de campagne. Certains membres du parti conservateur ÖVP seraient même prêts à s’allier avec le FPÖ pour créer une coalition de droite, une configuration pourtant improbable puisqu’elle impliquerait une sortie de la zone euro.
À ce parti traditionnel s’ajoute un nouveau venu, l’Austro-Canadien Frank Stronach, 81 ans, et fondateur de l'équipementier automobile Magna. Ce milliardaire a créé un parti à son nom, hostile à l’euro, à l’immigration et à l’islam. Près de 10 % des électeurs seraient prêts à voter en sa faveur, si bien que malgré la rivalité personnelle entre Heinz-Christian Strache et Frank Stronach, une alliance entre les deux mouvements eurosceptiques n’est pas exclue.
Vers une coalition avec les Verts ?
La composition de la future coalition gouvernementale pourrait alors dépendre des scores de deux petits partis, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) fondée par le défunt Jörg Haider lors d'une scission du FPÖ en 2005, et le parti libéral Neos. Ils sont crédités de près de 4 % des intentions de vote.
Si jamais ces formations font leur entrée au Conseil national, l'équipe dirigée par le social-démocrate Werner Faymann pourrait bien se tourner vers les Verts pour former une coalition tripartite, inédite en Autriche. Les écologistes, crédités de 15 % des votes, ont en effet marqué des points en menant une campagne anticorruption.
Les résultats officiels provisoires seront connus à partir de 17h30 GMT.
Avec dépêches