Aminata Touré s’est taillée une belle popularité parmi les Sénégalais en moins d’un an à la tête du ministère de la Justice. La voilà propulsée Premier ministre, avec la confiance du président Macky Sall dont elle secondait la campagne électorale.
Aminata Touré est le genre de femme à annoncer elle-même aux journalistes sa nomination à la tête du nouveau gouvernement du Sénégal. Une femme à poigne, médiatique, qui a bâti sa réputation en parcourant les routes de son pays pour la campagne électorale de Macky Sall, en 2012, puis en dirigeant avec poigne le ministère de la Justice.
Garde des Sceaux entre avril 2012 et septembre 2013, Aminata Touré s’est taillé la réputation de madame anti-corruption du Sénégal. Elle s’est même mise à dos une partie de la haute société de Dakar en accélérant les dossiers judiciaires dans les affaires de "bien mal acquis". Cela s’est traduit par l'arrestation ou l’interpellation d'anciens ministres et des directeurs généraux de sociétés. Son ex-mari, l’ancien ministre Oumar Sarr, fait d’ailleurs parti des ex-dignitaires entendus par la gendarmerie. Sa campagne "anti-corruption" a permis le versement de 30 milliards de francs CFA au Trésor public. Elle a également supervisé l’arrestation de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, réfugié à Dakar depuis 1990.
Passée par la France et les États-Unis
Née en 1962 à Dakar, Aminata Touré part en France après son bac pour des études d’économie, avant de revenir au Sénégal pour travailler au sein de la Compagnie des transports publics de Dakar. En parallèle, elle goûte à la politique – elle a adhéré jeune à la Ligue communiste des travailleurs. Puis elle endosse une carrière dans l’humanitaire qui la mène de Dakar, au sein de l’Association sénégalaise pour le bien-être familial, jusqu’au Burkina Faso et à Abidjan où elle travaille pour le Fonds des Nations unies pour les populations (Fnuap).
Sa trajectoire aurait pu s’arrêter à New York, où elle est nommée directrice du département droit humain du Fnuap au siège de l’ONU, en 2003. Mais elle suit Macky Sall, sept ans plus tard, lorsque s’ouvre la possibilité de seconder sa campagne électorale.
Sa réputation est telle, relève le journal sénégalais "Sud Quotidien", qu’en juin dernier, lors d’un concert du chanteur Youssou N’Dour, elle est acclamée par la foule au moment où elle est appelée à monter sur scène. Popularité dont elle espère jouir aujourd’hui pour tenter de sortir le Sénégal d’une situation économique difficile.