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Dopage : Usain Bolt et la Jamaïque privés des Jeux olympiques de Rio ?

Alors que la Jamaïque se montre laxiste en terme de lutte contre la prise de produits dopants, l'agence mondiale antidopage (AMA) envisagerait de priver les athlètes de l'île des prochaines compétitions internationales, dont les JO de Rio en 2016.

Dans le stade olympique de Rio, au Brésil, le roi du sprint Usain Bolt sera-t-il un simple spectateur en 2016 ? Selon le quotidien britannique "The Telegraph", l’Agence mondiale antidopage (AMA) est en effet particulièrement remontée contre la passivité de la Jamaïque en matière de lutte contre le dopage et envisage même de priver les athlètes jamaïcains des prochains rendez-vous internationaux.  Alors que cette île des Caraïbes brille sur les pistes d’athlétisme en collectionnant les podiums (la Jamaïque est arrivée troisième au classement des médailles aux Mondiaux de Moscou), elle se montre beaucoup moins performante en ce qui concerne les contrôles.

"Si rien ne change, nous pouvons demander à notre conseil de déclarer l’un de nos signataires non-conforme et cela aura des répercussions quant à savoir si les équipes de ce pays seraient admises dans diverses compétitions", a ainsi affirmé au "Telegraph" David Howman, le directeur général de l’AMA.

Seulement 106 contrôles en un an

Pour preuve de ce réel manque d’implication, une récente étude de l’AMA montre que la Jamaïque a seulement effectué 106 contrôles anti-dopage en 2012, 38 en compétition et 68 hors compétition. Ce chiffre très faible place le pays au niveau de Malte ou de la Slovénie, mais en-deçà de l’Iran ou de l’Islande. Par comparaison, il y a eu 4 051 contrôles réalisés aux États-Unis, 8 077 en Allemagne, 10 066 en Chine et 15 854 en Russie.

L’ex-directrice exécutive de la Commission antidopage jamaïcaine Renee Anne Shirley a également remis en question le programme de l'île pour traquer les éventuels tricheurs. Dans une tribune publiée sur le site du magazine américain "Sports Illustrated", elle dénonce les nombreux problèmes "préoccupants" qu'elle a constaté quand elle était en poste, avant de démissionner en mars dernier. Selon elle, un seul test antidopage a été effectué à l’extérieur des sites de compétition entre février 2012 et le début des Jeux olympiques de Londres, cinq mois plus tard. "J’ai pressé les autorités jamaïcaines de faire preuve de plus de sérieux concernant la lutte antidopage avant qu’un scandale nous frappe", raconte-t-elle.

Renee Anne Shirley avait finalement un bon pressentiment. Au cours des dernières semaines, de nombreuses stars jamaïcaines ont été rattrapées par la patrouille. La sprinteuse Veronica Campbell-Brown, double championne olympique du 200 m, a d’abord été contrôlée positive à un diurétique en mai dernier, puis son compatriote Asafa Powell, ancien recordman du monde du 100 m a lui aussi été suspendu en juillet à cause d’un contrôle positif à l'oxilofrine, un stimulant apparenté à l'éphédrine.

Mais malgré la chute de ces athlètes et les dernières menaces de l’AMA, la Jamaïque peut se préparer tranquillement pour les prochaines compétitions internationales. L’Agence mondiale antidopage n’a en effet pas les moyens de se prononcer seule sur l'exclusion d’un pays. Ce sont des instances telles que le Comité international olympique (CIO) ou la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) qui pourront prendre des sanctions dans le cas où un dossier leur est transmis.