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Hier, ils servaient exclusivement au secteur militaire. Aujourd'hui, les drones civils, et leurs multiples angles de vue, intéressent particulièrement les médias. Plusieurs rédactions françaises ont testé l'engin...

Longtemps cantonné à un usage militaire, le drone investit aujourd’hui le domaine civil. Et par n’importe lequel ! Avec ses possibilités de multiplier les angles de vue en altitude, l’engin intéresse particulièrement les rédactions journalistiques.

Il faut dire que son prix est particulièrement attractif. Beaucoup moins cher qu'un vol d'hélicoptère, le coût d'un drone civil va de quelque dizaines à quelques centaines d'euros, selon les modèles. Les plus évolués sont assez puissants pour emporter une mini-caméra de type GoPro.

Alors pourquoi ne pas le tester ? En partenariat avec le réseau Hack/Hackers, qui réunit journalistes et développeurs, le laboratoire d'innovation du magazine "L'Express" vient de mener une expérimentation, baptisée "Drone it". Pendant trois mois, des drones ont été confiés à des profils différents, journalistes, vidéastes ou citoyens engagés contre le gaz de schiste en Ardèche ou en faveur de la protection des algues en Bretagne, pour "voir ce qu'ils pouvaient tirer de cet outil".

"Un marché en plein essor"

"Le drone civil, dont le marché est actuellement en plein essor est aussi au service du journalisme et ses besoins s'identifient de plus en plus. L'exemple du comptage des manifestations est probant mais ce n'est pas le seul. Ses besoins et usages restent à définir et ses limites ne seront que [ou presque] les limites de nos imaginations", expliquait le laboratoire sur son blog.

Mercredi 12 juin, les conclusions officielles de cette expérimentation, parmi les premières en France et en Europe, seront présentées au public. "La conclusion est assez positive. C'est un jouet sympa, mais c'est surtout une manière de repenser le métier de journaliste de façon stimulante", selon Raphaël Labbé, directeur de l'innovation du groupe Express Roularta.

Savoir piloter

Reste que l'engin demande un certain doigté. Pour l'utiliser, en effet, le journaliste devra avant tout mettre en lumière ses talents de pilote. "Notre retour d'expérience, c'est qu'un ‘droniste’ (mélange de drone et de journaliste, ndlr) c'est 60 % drone, 30 % vidéo, 10 % journaliste. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas un métier de journaliste, mais les compétences dont on a besoin, c'est avant tout de savoir piloter, deuxièmement, de savoir filmer et, en dernier, de savoir raconter une histoire", a expliqué à l'AFP Raphaël Labbé.

"On en a perdu en mer, dans la garrigue, depuis les immeubles... En intérieur, c'est beaucoup plus simple à manipuler. Il va y avoir un renouveau autour de tout ce qui est patrimoine et couverture d'évènements en circuit fermé, comme un stade. Ça vient enrichir le propos", a-t-il ajouté, à propos de vidéos tournées à l'aide de drones dans l'enceinte du Château de Vincennes ou des Bains Douches, ancien haut lieu de la nuit parisienne.

Des drones au Tour de France

Parmi les autres médias qui testent ces appareils, France Télévisions va utiliser des drones pour la première fois à l'occasion du Tour de France. Les images d'une quinzaine de sites (villages, monuments...), filmés de cette manière, seront diffusées lors du programme court "Au plus près du Tour", du 10 au 28 juin sur France 3 à 20h40. Des drones seront également utilisés pour "enrichir les directs" de l'épreuve, qui débute le 29 juin, selon France Télévisions.

"Ce n'est pas très onéreux et, à la différence des hélicoptères, les drones permettent d'entrer dans un édifice ou d'en filmer les jardins à très basse altitude, par exemple. Si l'expérience est concluante, on recommencera", a déclaré à l'AFP Daniel Bilalian, directeur des sports du groupe audiovisuel public.

Avec dépêches