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Au Pakistan, un attentat suicide dans une mosquée chiite fait plus de 30 morts
La capitale du Pakistan a été frappée vendredi par un attentat suicide lors de la prière hebdomadaire. Un assaillant, "bloqué à l'entrée" d'une mosquée, "s'est fait exploser", selon une source sécuritaire ayant requis l'anonymat, faisant plus de 30 morts.
Des personnes réconfortent un homme, au centre, qui pleure la mort d'un proche, près d'une mosquée chiite où une bombe a explosé, à Islamabad, au Pakistan, le 6 février 2026. © Anjum Naveed, AP

Un attentat-suicide lors de la prière hebdomadaire, vendredi 6 février dans une mosquée chiite d'Islamabad, a fait plus de 30 morts et au moins 130 blessés, a annoncé une source policière pakistanaise à l'AFP.

L'attaque s'est produite alors que les mosquées du pays étaient bondées, a déclaré à l'AFP un haut responsable policier, sous couvert d'anonymat.

Le bilan "devrait encore s'alourdir", selon la même source. La mosquée visée se trouve dans le quartier de Tarlai. Un précédent bilan faisait état de 20 morts et 90 blessés.

Auparavant, une source sécuritaire ayant également requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que l'explosion était due à un attentat suicide. "L'assaillant a été bloqué à l'entrée et s'est fait exploser", a déclaré cette source à l'AFP.

Pas de revendication

Le Pakistan est un pays à majorité sunnite, mais les chiites représentent entre 10 et 15 % de la population et ont été pris pour cible dans le passé par des groupes jihadistes.

Des journalistes de l'AFP ont vu des dizaines de personnes arriver dans un grand hôpital avec des vêtements tachés de sang et des blessures. Des médecins et des passants aidaient les victimes transportées par des ambulances. Au moins une victime est arrivée dans le coffre d'une voiture, selon les journalistes de l'AFP.

Des amis et proches des blessés ont poussé des cris lorsqu'ils sont arrivés au service des urgences de l'hôpital, fortement gardé.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a "fermement condamné" l'attentat et assuré que ses auteurs seraient retrouvés et traduits en justice.

Aucun groupe n'a immédiatement revendiqué la responsabilité de l'attaque, qui survient alors que les forces de sécurité pakistanaises luttent contre l'intensification des insurrections dans les provinces du sud et du nord du pays, à la frontière avec l'Afghanistan.

Des relations bilatérales avec Kaboul détériorées

Islamabad affirme que les groupes armés séparatistes du Baloutchistan, les Taliban pakistanais et d'autres militants islamistes de la province septentrionale de Khyber Pakhtunkhwa, près d'Islamabad, utilisent le territoire afghan comme refuge pour lancer leurs attaques.

Le gouvernement taliban afghan a nié à plusieurs reprises ces accusations et les relations bilatérales se sont détériorées. Par ailleurs, les forces des deux pays s'affrontent régulièrement le long de la frontière.

La dernière attaque majeure à Islamabad a eu lieu en novembre, lorsqu'un attentat-suicide devant un tribunal a tué 12 personnes et blessé des dizaines d'autres, le premier événement de ce type à frapper la capitale depuis près de trois ans.

Les forces pakistanaises sont également sous pression dans le Baloutchistan, où des attaques revendiquées par des insurgés séparatistes ont tué 36 civils et 22 membres des forces de sécurité la semaine dernière.

Ces attaques ont déclenché une vague de contre-opérations au cours desquelles, selon les autorités, les forces de sécurité ont tué près de 200 militants.

Le 11 novembre dernier, douze personnes avaient été tuées et 27 autres blessées par un kamikaze ‍à Islamabad, un attentat non revendiqué.

Avec AFP et Reuters