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François Hollande rattrapé par l'affaire Cahuzac à Tulle

En déplacement en Corrèze, François Hollande qui ne devait pas prendre la parole s'est finalement exprimé devant la presse. L’occasion de réaffirmer les valeurs républicaines défendues par l’exécutif secoué par l’affaire Cahuzac.

Ce devait être l’occasion de se ressourcer, une petite parenthèse champêtre au sein de son fief corrézien à l’heure où sa cote d’impopularité flirte avec des records historiques. Mais lors de sa visite, samedi 6 avril, à Tulle - la sixième depuis son élection - François Hollande a finalement été rattrapé par la tumultueuse affaire Cahuzac.

Venu remettre les insignes de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite à d'anciens résistants, des chefs d'entreprise, un abbé et des élus locaux, le chef de l'État, qui voulait donner un caractère quasi-privé à son déplacement, a tout compte fait profité de la cérémonie pour marteler son engagement envers une "République exemplaire". La presse, qui devait initialement être tenue à l’écart de l’événement, a finalement été autorisée à pénétrer dans les salons de la préfecture de Corrèze où s’est déroulée la cérémonie.

Dans son discours, l’ancien maire de Tulle a appelé "chacune et chacun" à servir la République "d'une manière exemplaire", allusion directe à l'affaire Cahuzac qui ébranle l'exécutif. "Dans un moment où il doit y avoir des valeurs qui doivent être portées, une exigence morale pour tous ceux qui ont des responsabilités à quelque niveau que ce soit, une cérémonie comme celle-là a du sens, [...] chaque manquement est un une faute", a-t-il insisté.

Après seulement quatre heures sur place, François Hollande, qui a considérablement allégé le programme de sa visite corrézienne, a regagné son bureau de l’Élysée pour un "week-end de travail et de réflexion qu'il entend passer pour l'essentiel à Paris avec ses collaborateurs", a confié un proche du président.

Manifestation, pétition… toutes les franges de l’opposition veulent jouer un rôle

Ce léger changement de programme et la prise de parole inattendue de François Hollande démontrent bien que la majorité s’active pour affronter le flot de critiques depuis les aveux tonitruants de Jérôme Cahuzac le 2 avril. Interventions médiatiques de l’exécutif et de ses élus, préparation de projets de lois pour assainir la vie politique, proposition d’un référendum populaire sur le sujet par le secrétaire nationle du PS Harlem Désir : les socialistes tentent de se dissocier au maximum de Jérôme Cahuzac, désormais exclu du parti.

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Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, propose un référendum

Ce qui n’empêche pas l’opposition de s’engouffrer largement dans la brèche en accablant l’exécutif à coups de petites phrases et en multipliant les propositions. Tandis que l'UMP demande des comptes au Premier ministre Jean-Marc Ayrault et au ministre de l'Économie Pierre Moscovici quant à leur implication dans l'affaire, François Bayrou, président du MoDem, a lancé, pour sa part, une pétition sur la moralisation de la vie politique.

Après avoir dénoncé "la pourriture" de l’ensemble du système politique français, Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, a appelé, lui, à manifester "pour purifier l'atmosphère politique insupportable". Le rassemblement doit avoir lieu le 5 mai, date anniversaire de l’élection de François Hollande.

Seul le Front national se fait plus discret. Alors qu’il réclamait, dans un premier temps, de nouvelles élections à corps et à cris, le parti fait profil bas depuis la révélation d’une information du "Monde" datant du 3 avril, selon laquelle le compte en banque étranger de Jérôme Cahuzac a été ouvert par Philippe Péninque, un proche de Marine Le Pen.

FRANCE 24 avec dépêches