
Lors d'un entretien lundi au Vatican avec le pape François, la présidente argentine Cristina Kirchner a demandé l'intervention de son compatriote dans le conflit qui oppose leur pays et la Grande-Bretagne au sujet des îles Malouines.
La présidente argentine Cristina Kirchner a profité de sa rencontre jeudi avec son compatriote le pape François pour lui demander d’intervenir dans le conflit des îles Malouines, qui oppose depuis 70 ans son pays à la Grande-Bretagne.
"Je lui ai demandé sa médiation pour parvenir à un dialogue entre les deux parties", a déclaré la chef d’État après son entretien avec l’ex-archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio.
"L’Argentine est un pays plus que pacifique et ce que nous souhaitons c’est l’application des multiples résolutions des Nations unies et nous asseoir pour dialoguer", a précisé Cristina Kirchner.
Le conflit des Malouines
Ces îles, situées à 400 km des côtes argentines et à 12 700 km de Londres, sont sous contrôle britannique depuis 1933, mais Buenos Aires les revendique toujours. En 1982, une guerre avait opposé les deux pays pendant 74 jours, faisant quelque 900 morts.
Alors que l’Argentine réclame la souveraineté sur l’archipel par la voie diplomatique, le Royaume-Uni rejette toute forme de dialogue en insistant sur le droit à l’autodétermination des habitants des Malouines. Ces derniers ont d’ailleurs voté la semaine dernière, à une écrasante majorité de 99,8 %, en faveur du maintien de l’archipel sous l’autorité britannique.
Malgré le résultat de ce scrutin, les médias Britanniques se sont montrés inquiets lors de l’annonce de l’élection du nouveau pape François. Ils ont peur que ce dernier soutienne son pays d’origine dans ce conflit. Selon The Sun, l'ancien archevêque de Buenos Aires avait en effet affirmé en 2011 devant des journalistes que "les Malouines appartiennent à l'Argentine".
Une belle complicité
Le pape François et la présidente argentine partagent ainsi le même point de vue sur au moins un sujet. Depuis de nombreuses années, ils s’opposent en effet vivement sur de nombreuses questions de société, en particulier sur le mariage gay, autorisé dans la capitale argentine, et la législation sur l'avortement.
Mais lors de leur entretien au Vatican, l’ex-cardinal Jorge Mario Bergoglio et Mme Kirchner ont mis leurs différents de côté et affiché une belle complicité. Le sourire aux lèvres, la présidente argentine a offert à son compatriote du maté, une infusion traditionnelle amérindienne. En retour, le pape François l'a embrassée et lui a remis une plaque de la place Saint-Pierre.
"Jamais un pape ne m’avait embrassée", s’est même exclamée avec humour la présidente argentine devant les journalistes.
Avec dépêches