logo

La tension monte entre l'Inde et le Pakistan à propos du Cachemire, province frontalière disputée, où deux militaires indiens ont été tués mardi. New Delhi a convoqué l'ambassadeur du Pakistan.

Le torchon brûle entre Islamabad et New Dehli. En cause : la question du Cachemire, province frontalière que se disputent les deux voisins. L'Inde a convoqué mercredi 9 janvier l'ambassadeur du Pakistan au lendemain de la mort de deux soldats indiens, au cours d'un incident à la frontière.

L'armée indienne affirme que les soldats ont été tués dans des échanges de coups de feu après qu'une patrouille a découvert des militaires pakistanais ayant pénétré à environ 500 mètres à l'intérieur du territoire. De son côté, le Pakistan dément l'échange de tirs et la mort des deux soldats.

Selon le ministre des Affaires étrangères indien, Salman Khurshid, l'ambassadeur du Pakistan à New Delhi, Salman Bashir, s'est fait tancé "en des termes très forts" à l'occasion de sa convocation au ministère des Affaires étrangères.

Salman Khurshid a toutefois assuré pendant une conférence de presse que "quoi qu'il se soit passé, il ne devrait pas y avoir d'escalade". "Nous ne pouvons et ne devons pas permettre une escalade après un événement très malsain", a-t-il plaidé. L’Inde et le Pakistan tentent depuis 2011 de renouer des liens qui avaient été avait été gelés après les attentats de Bombay en 2008, attribués par l'Inde à un groupe islamiste basé au Pakistan bénéficiant de l'appui de l'armée pakistanaise, une allégation toujours démentie par Islamabad. Selon le chef de la diplomatie, ce nouvel incident, selon lui, s'apparente à une "claire tentative pour faire dérailler le dialogue".

L’Inde dénonce "un acte hautement provocateur"

Le ministre indien de la Défense, A.K. Antony, avait auparavant évoqué un acte "hautement provocateur" et dénoncé la mutilation "inhumaine" du cadavre du soldat indien.

D'après le porte-parole du commandement Nord de l'armée indienne, le corps mutilé du militaire a été retrouvé dans une région boisée du côté indien de la ligne de démarcation. Ces incidents surviennent deux jours après un accrochage le long de la frontière qui, selon Islamabad, a fait un mort dans les rangs de l'armée pakistanaise après une incursion indienne. L'Inde a démenti que ses troupes aient franchi la ligne de contrôle.

Tout en continuant à démentir l'attaque, le Pakistan a mis en garde contre de nouvelles tensions. Se disant "consternée" par certaines allégations faites en Inde, la ministre pakistanaise des Affaires étrangères, Hina Rabbani Khar, a assuré sur la chaîne de télévision indienne CNN-IBN que le Pakistan était "un pays responsable, mature, et nous ne devons pas retourner au temps où nous nous disputions".

Islamabad assurait toutefois que les déclarations indiennes sur l'incident frontalier étaient de la "propagande" visant à détourner l'attention après des échanges de coups de feu dimanche à la frontière qui se sont soldés par la mort d'un soldat pakistanais.

Le Pakistan a en outre suggéré l'organisation d'une enquête indépendante par l'ONU pour faire la lumière sur les récents échanges de tirs.

Un cessez-le-feu a été instauré en 2003 le long de la ligne de contrôle, mais il est périodiquement violé par les deux camps. La dernière mobilisation d'ampleur des troupes indiennes à sa frontière avec le Pakistan a eu lieu en 2001 après une attaque contre le Parlement de New Delhi perpétrée par cinq islamistes.

Le Cachemire, dont les deux puissances nucléaires revendiquent la souveraineté, a été à l'origine de deux des trois guerres qui les ont opposés depuis la partition de 1947.

 FRANCE 24 avec dépêches