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Gaza en liesse au lendemain du cessez-le-feu

Dans les rues de Gaza, la vie reprend son cours après une semaine de bombardements israéliens intenses. Pour les militants du Hamas, la trêve signée avec Israël est une victoire. Le reportage de nos envoyés spéciaux.

Au lendemain du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, les habitants de la ville de Gaza ont envahi les rues en brandissant les drapeaux verts du Hamas mais aussi les drapeaux jaunes du Fatah, les frères ennemis. Les Gazaouis sont restés terrés pendant une semaine, alors que l’armée israélienne pilonnait intensément l’enclave palestinienne. Selon le Hamas, au moins 160 Palestiniens, dont 40 % d’enfants, y ont perdu la vie. Selon un bilan médical provisoire, 1 235 personnes ont été blessées.

Dans les rues de la ville, le bruit des klaxons a désormais remplacé le vrombissement des raids aériens. Les supporters du Hamas paradent. Pour eux, cette trêve est un triomphe. "Je suis heureux de cette victoire. Parce que les juifs voulaient nous occuper et nous pilonner. Et en fait on est encore là. Et on va les massacrer", assure un homme au micro de FRANCE 24. "Nous vivons une grande époque, celle de la victoire sur nos ennemis, les ennemis de Dieu. Et c’est une grande victoire pour les musulmans", renchérit Sayeed Emin al-Rife, un ancien soldat de la garde présidentielle de l’Autorité palestinienne.

"Nous donnons sa chance au cessez-le-feu"

Dans le nord de l’enclave palestinienne, la plus touchée par les raids israéliens, les habitants qui avaient choisi l’exode retrouvent leur maison. Selon l’ONU, environ 10 000 Palestiniens ont été contraints de fuir leur domicile pendant la semaine de bombardements. "J’ai cru que nous allions rester ailleurs, témoigne une mère de sept enfants, tout juste rentrée chez elle. J’envisageais de ne jamais revenir. Mais nous n’avons pas d’argent, nous avons dû emprunter aux voisins [pour pouvoir partir, ndlr]."

Le chef du gouvernement du Hamas, Is maï l Haniyeh, a appelé l’ensemble des groupes armés à respecter la trêve. Le cessez-le-feu reste pour l’heure très fragile. "Nous donnons sa chance au cessez-le-feu, mais nous sommes aussi parés à l'éventualité qu'il ne soit pas tenu et nous saurons agir en conséquence", a menacé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Au cours de l’opération "Pilier de défense", six Israéliens - deux militaires et quatre civils - ont été tués par des tirs de roquettes lancées depuis Gaza, 240 ont été blessés.