
Le PIB grec s'est contracté de 7,2 % sur un an au troisième trimestre de 2012, selon les premières estimations d'Athènes, soulignant encore davantage la gravité de la crise alors qu'une nouvelle tranche de l'aide internationale doit être débloquée.
La situation n'en finit plus de se dégrader à l'ombre de l'Acropole. Le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce a, ainsi, chuté de 7,2 % sur un an au troisième trimestre de 2012, a annoncé mercredi l'Autorité des statistiques grecques, publiant ses premières estimations pour cette période.
Une descente aux enfers économiques encore plus marquée qu'au trimestre précédent pendant lequel le PIB avait pourtant déjà baissé de 6,3 %. Depuis le début de la crise, en 2008, le pays a perdu 22 % de son PIB, plongeant dans le chômage plus d'un actif grec sur quatre et rendant beaucoup plus précaire la situation de bon nombre de salariés.
Pour les analystes, les derniers indicateurs pourraient préfigurer une dégradation supplémentaire de la conjoncture car les chiffres du troisième trimestre sont censés avoir été soutenus par le pic estival d'activité du secteur touristique.
"Je crois que la récession va continuer de s'aggraver jusqu'au premier semestre de 2013 en raison de l'entrée en vigueur de toutes les coupes (budgétaires)", explique Xenophon Damalas, directeur des investissements de la banque Marfin Egnatia à Athènes.
"Si les résultats du tourisme n'avaient pas été aussi bons cette année, la récession aurait été plus marquée encore."
Incertitudes
Le gouvernement grec comme la Commission européenne tablent sur un retour à la croissance en 2014. En attendant, Athènes doit faire face aux urgences budgétaires. Pour ce faire, le pays a besoin du soutien financier de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.
L'incertitude demeure actuellement sur le versement de la prochaine tranche de l'aide étrangère, une enveloppe de plus de 31 milliards d'euros indispensable pour le paiement des salaires et des pensions des fonctionnaires. Pour démontrer sa volonté de maîtriser encore davantage ses dépenses, le gouvernement grec a fait adopter la semaine dernière un nouveau plan de rigueur de plus de 9 millions d'euros.
Mais le FMI et Bruxelles pensent qu'en dépit des efforts, la Grèce ne pourra pas tenir ses engagements de réduction des déficits pour l'année prochaine. Le FMI et l'UE doivent maintenant se mettre d'accord sur les conditions d'assouplissement des exigences qu'Athènes doit respecter pour recevoir l'aide financière.
France 24 avec dépêches