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François Hollande tient sa première conférence de presse à l’Élysée devant quelque 400 journalistes. L’exercice s’annonce risqué, après six mois de présidence marqués par la crise et par une série de couacs gouvernementaux.

Suivez en direct la conférence de presse de François Hollande sur l'antenne de FRANCE 24 à partir de 17h, heure de Paris.

Six mois après son élection à la présidence française, François Hollande tient, mardi 13 novembre, sa première grande conférence de presse. Devant quelque 400 journalistes réunis dans la salle des fêtes de l’Élysée, le chef de l’État va tenter de redorer son image présidentielle, au moment où sa cote de popularité peine à atteindre les 41 % d’opinions favorables, selon un sondage BVA. Il est désormais temps que le président "prenne la hauteur nécessaire", et "gagne un peu en solennité et en dramatisation", estimait Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et proche du chef de l’État, jeudi 8 novembre, dans les colonnes du Monde.

Face aux médias, le président va surtout devoir faire preuve de pédagogie pour expliquer le virage économique majeur qu’il vient d’amorcer. Exercice périlleux. Contrairement à ses promesses de campagne, il a annoncé la semaine dernière l’augmentation de plusieurs taux de TVA - l’impôt honni par la gauche - dans le cadre de son plan de compétitivité. L’augmentation des impôts et des taxes figurent d’ailleurs en tête des raisons de l’impopularité de François Hollande, selon un sondage Vivavoice pour Libération, rendu public ce mardi.

"Donner aux Français des raisons d’espérer"

"L'opinion est prête à accepter des changements de positions [comme sur la TVA, NDLR]", juge pourtant Bernard Sananes, président de l’institut de sondages CSA, interrogé par l’AFP. Mais le chef de l’État va devoir jouer les équilibristes, en envoyant à la fois "des signaux forts aux acteurs économiques" et en conservant "son socle électoral". Les Français "jugeront sur deux critères : est-ce que c'est juste ? Est-ce que c'est efficace ?", poursuit Bernard Sananes. Selon lui, Hollande doit d'abord "donner aux Français des raisons d'espérer alors que la crise est là et que leur moral est au plus bas", ensuite "montrer que le gouvernement est mobilisé".

Le défi s’annonce de taille pour le chef de l’État qui a vécu une rentrée pour le moins mouvementée, marquée par une série de cafouillages gouvernementaux. "Il y a un besoin d'avoir une orientation très claire sur la façon de sortir de la crise, de résoudre les problèmes économiques et financiers de la France", estime quant à lui l’historien Jean Garrigues, interrogé par FRANCE 24. L’opposition, ainsi que l’aile gauche de la gauche, lui reproche ses renoncements, ses hésitations et ses tâtonnements. La presse, pourtant largement enjouée au lendemain de la victoire de Hollande à la présidentielle, ne s’est pas montrée tendre à son égard au cours de ces derniers mois. Les "unes-raclées" se sont multipliées, au point qu’une tendance au "Hollande bashing" s’est dessinée à la fin de l’été.

"Entrée dans la phase d’action"

Sur Europe 1 dimanche, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a assuré que le grand oral de François Hollande marquerait une entrée "dans une phase d’action". Selon lui, le président entend communiquer "aux Français la vision, et surtout la ligne qui est la sienne", avec pour "priorités majeurs, l’emploi, la réindustrialisation et l’investissement". "Je dois rappeler le cap", a ainsi assuré le chef de l’État la semaine dernière dans le Nouvel Observateur. Il a dit vouloir faire un "compte-rendu" de ce qui a été fait au cours des six premiers mois de la présidence et assuré vouloir "donner des perspectives".

L’occasion était trop belle pour que Jean-François Copé la laisse passer. Le secrétaire général de l’UMP, par l’une des petites phrases assassines qu’il affectionne, a dit attendre de François Hollande "un moment d'autocritique face à tous les mensonges qu'il a pu faire aux Français pendant sa campagne". Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, n’a pas été en reste. "On va voir comment François Hollande va expliquer que ce qui n'a pas marché ailleurs - en Grèce, en Espagne, au Portugal - va marcher ici !", a-t-il déclaré lundi, pointant du doigt les mesures de rigueur décidées par le gouvernement.