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Le Pakistan reprend ses frappes sur l'Afghanistan, quatre morts à Kaboul
L'Afghanistan rapporte vendredi de nouvelles frappes du Pakistan sur son territoire, notamment dans la capitale Kaboul où quatre personnes ont été tuées et quinze blessées par un bombardement qui a touché des "maisons civiles". 
Landi Kotal, un village déserté à la frontière entre Pakistan et Afghanistan le 28 février 2026. © Maaz Awan, AP

Le Pakistan a mené dans la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 mars de nouveaux bombardements sur Kaboul et d'autres régions d'Afghanistan qui ont fait quatre morts dans la capitale afghane.

"Continuant son agression, le régime militaire pakistanais a bombardé une nouvelle fois Kaboul, Kandahar (ville du sud)" et les régions frontalières de "Paktia et Paktika et d'autres", a écrit sur X le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, affirmant que des "femmes et enfants" ont été tués.

À Kaboul, quatre personnes ont été tuées et quinze blessées par un bombardement pakistanais qui a touché des "maisons civiles" dans l'est de la ville, a précisé le porte-parole de la police de la capitale afghane.

"Dans la zone de Guzar, dans le 21e district de Kaboul, des maisons civiles ont été visées dans un bombardement du régime pakistanais qui a fait quatre morts et quinze blessés", a écrit Khalid Zadran sur son compte X, en précisant que des femmes et enfants figurent parmi les victimes.

Islamabad a visé des cibles du TTP

Un haut responsable des forces de sécurité pakistanaises a confirmé, sous couvert de l'anonymat, les frappes aériennes nocturnes. "Des cibles précises liées aux Taliban pakistanais (TTP) ont été touchées", a-t-il déclaré dans un message faisant référence à un groupe armé qui a revendiqué de nombreuses attaques meurtrières au Pakistan, sans fournir plus de détails. Vers cinq heures du matin, une journaliste de l'AFP a entendu des tirs de défense antiaérienne.

À Kandahar, une ville du Sud où réside, reclus, le chef suprême des Taliban afghans, Hibatullah Akhundzada, les frappes pakistanaises ont touché le dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, près de l'aéroport, selon le gouvernement afghan.

Depuis des mois, Islamabad accuse l'Afghanistan d'accueillir des militants des TTP ainsi que du groupe État islamique au Khorasan (EI-K), ce que les autorités afghanes démentent. Le conflit entre les deux pays s'est aggravé le 26 février, quand l'Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse à des frappes aériennes pakistanaises, qui visaient des combattants des TTP, selon Islamabad. Le Pakistan a alors déclaré la "guerre ouverte" aux autorités talibanes, bombardant notamment la capitale afghane, Kaboul, le 27 février, et Kandahar. Mais Islamabad nie viser des civils.

155 000 déplacés en Afghanistan

Depuis, des affrontements se multiplient dans les zones frontalières. Entre mardi et jeudi, sept personnes ont trouvé la mort, dont des enfants, en raison de tirs du Pakistan dans des régions frontalières de l'est et du sud-est de l'Afghanistan, selon les autorités afghanes et des sources médicales.

"Le Pakistan a mené des opérations ciblées en s'assurant par principe qu'aucun civil ne soit blessé dans ces opérations", avait de son côté réagi jeudi le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Hussain Andrabi, lors d'un point presse hebdomadaire à Islamabad. Le Pakistan avait aussi rapporté des attaques afghanes ces derniers jours.

Selon un bilan de la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) arrêté au 5 mars, 56 civils afghans, dont 24 enfants, ont été tués depuis l'intensification des affrontements frontaliers entre les forces afghanes et l'armée pakistanaise le 26 février. Au moins 115 000 personnes ont été déplacées en Afghanistan par les combats, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR).

Avec AFP