
Dans un courrier adressé au gouvernement français, Google menace de ne plus référencer les sites de presse hexagonaux si le projet de taxe visant à faire payer des droits d’auteur aux agrégateurs d’informations était adopté.
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Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la Communication, a déclaré jeudi à l'AFP que ce n'était "pas avec des menaces qu'on trait(ait) avec un gouvernement", en réaction à un courrier de Google à l'exécutif menaçant de ne plus référencer les médias français.
"Je suis un peu surprise par le ton de cette correspondance, qui s'apparente à une menace. Ce n'est pas avec des menaces qu'on traite avec un gouvernement démocratiquement élu", a déclaré la ministre à l'AFP.
"Aujourd'hui, des sites qui agrègent des contenus comme Google utilisent aussi la notoriété des éditeurs de presse, ainsi que ce qu'ils produisent. Il est donc légitime que les éditeurs de presse s'interrogent sur la manière dont il faut faire participer ceux qui diffusent leur contenu à leur financement", a-t-elle expliqué.
(AFP)
français. Jeudi 18 octobre, Google a menacé l’Hexagone de mesures de rétorsion en cas d’adoption de la fameuse "lex Google", une taxe visant à faire payer des droits d’auteur aux agrégateurs d’informations.
La ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, n'a quant à elle pas arrêté sa décision. Ses conseillers rencontreront vendredi des représentants de Google France.
"Google ne peut accepter que l'instauration d'un droit voisin pour le référencement de sites de presse français mette en cause son existence même et serait en conséquence contraint de ne plus référencer les sites français", lit-on dans la lettre.(AFP)
Mais l’idée française s’inspire directement d’un projet de loi allemand adopté début septembre 2012 par le gouvernement et qui oblige tous les moteurs de recherche à rémunérer les médias en fonction des liens indexés sur le service Actualités. Bien qu’il n’ait toujours pas été approuvé le Parlement allemand, le projet suscite un vif débat outre-Rhin. Les détracteurs de la mesure craignent que la rémunération tirée des activités de Google ne renforce, au final, la dépendance des sites d’information au géant de l’Internet. Pour l’heure, l’intéressé n’a pas menacé de désindexer les sites d’information et s’est contenté d’arguer qu’une telle mesure “limiterait l’accès à l’information”.